Dieppe et le Canada

Comme annoncé dans mon actualité du 5 mai 2008, j’inaugure une nouvelle rubrique, qui devrait figurer (comme Mellicie hallucine) dans la rubrique ateliers, si cette dernière n’était déjà un peu trop chargée.
Genèse de l’affaire : Québec fête cette année le 400° anniversaire de sa fondation (par Samuel de Champlain). Or la ville de Dieppe fut – et demeure – très liée au Canada (découvert par Jacques Cartier en 1534, qui, pas plus que Christophe Colomb, ne cherchait un nouveau continent mais un passage vers l’ouest, pour rejoindre l’est – on savait dorénavant que la terre était ronde), car des navigateurs s’embarquèrent du port cauchois (mais aussi de Rouen, Fécamp, Honfleur, Le Havre de Grâce) pour ces terres lointaines, du XVI° au XVIII° siècles. Une grande partie des Canadiens actuels descendent de ces Normands (qui commercèrent avec les autochtones sans y mettre la violence dont firent preuve, plus au sud, Anglais, Hollandais, Espagnols et Portugais). Juste retour des choses probablement, des Canadiens vinrent tenter de reprendre Dieppe aux Allemands en août 1942. Ce premier débarquement fut hélas un échec, mais les derniers vétérans et les villes de Dieppe (oui : il en existe une autre, dans ce Nouveau-Brunswick que la France céda aux Anglais en 1713) se souviennent de ceux qui sont morts sur les galets de la plage ce jour-là.
L’enseignant à l’initiative du projet (Jean-Pierre Fournier, également à l’initiative des classes Maupassant en 1997) n’avait pas choisi d’évoquer cette période récente, mais celle plus ancienne, plus apte à séduire nos jeunes élèves : celle des grandes découvertes. Il avait même initialement fixé son attention sur un personnage secondaire, qu’il voulait remettre en lumière : Louis Hébert. Mais nous avons accordé aux 46 élèves des deux classes concernées (5° et 3°) de pouvoir choisir d’autres personnages s’étant illustrés à Dieppe et/ou au Canada.
Le travail préalable a consisté à chercher de la documentation étayant ces choix. Internet a été mis à contribution, et nous n’ignorons plus rien de :
Jacques Cartier
Samuel de Champlain
Les frères Verazzano
Jehan Ango
Louis Hébert
Marie Rollet
(épouse de Louis Hébert)
Guillemette Hébert (fille des deux précédents)
Guillaume Couillard de Lespinay (mari de Guillemette Hébert)
Etienne Brûlé
Les frères Kirke (tiens : des ennemis Anglais. Le choix viendrait-il d’élèves contestataires ?)
Les Filles du roi (= orphelines nobles ou méritantes, dont le roi de France assurait les frais d’entretien, d’éducation, et qui furent choisies pour aller peupler la colonie établie au Canada. La tradition perdura sur plusieurs générations de rois, et on n’envoya plus que de charmantes donzelles, mais aussi des filles de mauvaise vie, raflées ou internées. Il y a une scène terrible montrant cela dans le beau film de Bertrand Tavernier Que la fête commence)
Trois religieuses augustines (parties de leur couvent dieppois pour la Nouvelle France – ancien nom du Canada)
Des sauvages (selon la terminologie d’époque), alliés des Français (Hurons , Algonquins, Micmacs) ou des Anglais (Iroquois)
Quand je disposerai des documents et des textes des élèves, j’en rapporterai une sélection ici-même. Mais pour aujourd’hui (5 mai 2008) je n’ai évidemment sous le coude que mes propres documents et textes.
A tout seigneur, tout honneur : puisque le 1er atelier eut lieu au manoir d’Ango, par un temps superbe (ah bonheur d’écrire au soleil, dans cette cour magnifique, face au célèbre pigeonnier), c’est d’abord ce lieu et son propriétaire d’origine que j’évoquais.

L’atelier commença par une visite guidée, qui compléta ce que je savais déjà du manoir (où j’étais entrée il y a une vingtaine d’années) et de Jehan Ango (ayant moi-même écrit sur cette période des grandes découvertes, à l’occasion de la venue à Rouen des grands voiliers du monde entier, en 1999 ; texte que j’ai récemment complété, et que je réserve de faire figurer sur ce site au moment (juillet 2008) où les grands voiliers reviendront.
C’est de biais que j’évoquais ce personnage lors de l’atelier (avec la classe de 5°), car je choisis de faire parler une de ces servantes anonymes qui avaient peuplé son Palais d’été :


La Pensée


J’étais encore une enfant quand Messire Ango a fait construire son beau palais au milieu des champs. Ses champs, que mon père – et beaucoup d’autres - cultivaient pour lui. Mon avenir semblait tracé : moi aussi je serais paysanne, épouse de paysan, mère de paysans. Mais la construction du palais a changé mon sort. Dès que j’en avais fini d’aider mes parents dans leur travail, je regardais ce palais sortir de terre, autour des vieilles tourelles n’ayant plus d’usage. Messire Ango avait choisi un architecte de Florence, et nos charpentiers, nos tailleurs de pierre renâclaient un peu à un ouvrage si nouveau pour eux. La maison de ville du maître, sur le port de Dieppe, n’avait pas été une maison différente de ses voisines, seulement plus grande, plus décorée. Mais ici, il fallut ce que l’architecte nommait une loggia. Et le pigeonnier eut un toit de forme étrange, inspiré, dit-on, des coupoles de Byzance. Moi je ne savais pas où se trouvait Florence, ni Byzance. Je ne connaissais que ce Varengeville où j’étais née, dans la masure à toit de chaume où s’entassait ma famille. Et je savais seulement que les si nombreux pigeons auxquels Messire faisait construire ce beau logement s’en iraient manger le grain que nous brisions nos dos à planter, de même que les chasses qu’il offrait à ses invités allaient ravager les champs avant moissons. Les riches donnent de l’ouvrage aux pauvres, mais, dans le même temps, ils nous gâtent cet ouvrage. J’oserai peut-être le dire un jour prochain à Messire Ango, qu’un plus riche que lui – le roi François, qu’il avait reçu en son palais - a fini par ruiner.
Mais la première fois que je le vis, je fus moins audacieuse. Il faisait le tour de son palais presque achevé, avec son architecte, quand il remarqua ma présence. Que fais-tu, fillette, me questionna-t-il, je te vois souvent plantée ici, immobile. Je répondis : je regarde et j’écoute, Messire. Il se mit à rire et demanda que je lui envoie mon père. Le lendemain de leur entrevue, je n’étais plus destinée à être paysanne : j’étais employée aux cuisines du château. D’abord je n’eus droit qu’à éplucher les légumes et plumer les volailles. Devenue jeune fille j’eus permission de servir à table. J’eus grand souci de ne pas renverser les sauces, de tendre les plats aux bons moments. Une nouvelle fois Messire Ango me remarqua. Il me félicita et voulut me récompenser de manière particulière, me demandant ce que je souhaitais pour m’être si bien appliquée à mon travail. Il s’attendait probablement à ce que je veuille un peu d’argent, quelque pièce de tissu pour mon trousseau, voire un sac de froment destiné à ma famille. Mais je répondis sans hésiter : voir le tigre. Il rit de nouveau, et ses convives les plus proches avec lui. J’ignorais tout de cet animal, mais j’avais entendu parler de cette ménagerie qu’il avait installée à Dieppe et faisait visiter aux hôtes de marque. Je rougis sous les rires, craignant d’avoir été irrévérencieuse. Mais il consentit. Et j’ai fait ce voyage jusqu’à Dieppe, dans la charrette du métayer, où je me sentais comme une reine en son carrosse. Je n’eus pas assez d’yeux pour tout admirer de la ville : les maisons si nombreuses, les églises, le château perché sur la falaise, les bateaux dans le port. La maison de Messire Ango, qu’il avait nommée La Pensée, comme un de ses navires, me parut vraiment magnifique, car on avait doré tous ses bois. J’ai osé demandé pourquoi il lui avait donné ce nom de fleur. Il me répondit qu’il ne s’agissait pas de la fleur, mais de la pensée qui s’agite dans nos têtes et nous pousse à décider, à entreprendre. Je dis que penser était le fait de gens instruits, et que moi je ne savais pas faire cela. Il contesta : tu as pourtant eu cette pensée de voir le tigre. Je n’osais répliquer une nouvelle fois. D’ailleurs nous étions arrivés devant la cage de cette bête extraordinaire, semblable à un énorme chat, avec de belles rayures noires sur pelage jaune, qui dévore en un jour des viandes que, sur les tables de nos masures, nous ne voyons qu’aux fêtes carillonnées. Ensuite j’ai vu les perroquets multicolores, auxquels les marins avaient parfois appris quelques mots de notre langage, ce qui me laissa abasourdie. Et je ris avec Messire Ango des grimaces et criailleries des singes. Le jour de cette visite reste gravé dans mon esprit, comme si c’était hier. Et pourtant, un grand nombre d’années s’est écoulé depuis cette date.
Je sers toujours Messire Ango, qui est vieux, malade, et ne donne plus de fêtes. Il est ruiné, a dû céder ses terres, ses meubles et tapisseries, toutes les merveilles de sa maison dieppoise. Ses animaux sauvages ont eu de nouveaux propriétaires. Il se peut que le tigre soit mort. Mais il est toujours vivant dans ma pensée, tandis que je veille mon maître, dont l’esprit s’avance vers l’obscurité, sous la grande planisphère mise au mur, et où un jour il me désigna Florence, Byzance, et même Sumatra, d’où était venu le tigre.

Simone Arese
2 mai 2008



Ce devoir matinal accompli, j’avais quasi deux heures de liberté, que je ne perdis pas à déjeuner confinée, car j’emportais mon frugal pique-nique en bord de mer, que j’atteignis par la valleuse de Varengeville.

Et l’après-midi je travaillais sur le personnage antérieurement choisi – car moi aussi j’étais allée grappiller de la documentation sur Internet. J’avais même trouvé des vidéos de fêtes indiennes (http://www.youtube.com). Mais c’est un Français que je choisis de mettre en scène. Je condense ci-dessous un long article le concernant, de René Baudry, écrit en 2000 pour le dictionnaire biographique du Canada, qui est une mine de renseignements (http://www.biographi.ca/FR) et auquel je vous renvoie.

Marc Lescarbot

Né à Vervins en 1570, il étudie le latin, le grec, l’hébreu, les littératures anciennes et modernes, puis se consacre au droit canonique et au droit civil. Reçu avocat au Parlement de Paris en 1599 (alors qu’il a déjà publié des Poèmes pour la paix à l’occasion du traité de Vervins entre la France et l’Espagne), il traduit quelques ouvrages latins, fréquente des gens de lettres. Il s’intéresse également à la médecine. Il voyage, plaide quelquefois, mais dégoûté du barreau (à la suite d’une affaire perdue à cause de la vénalité d’un juge), il s’embarque en mai 1606 avec un de ses clients, Jean Biencourt de Poutrincourt, quand celui-ci lui propose de l’accompagner en Acadie, où ils arrivent en juillet.

Mon texte d’atelier étant situé en novembre de la même année, je l’inclus ici (avant de poursuivre la biographie de ce personnage) :

En Nouvelle France,
Novembre 1606


Toujours aucune voile à l’horizon. Une journée de plus qui s’achève sans nous donner la joie de revoir notre ami Poutrincourt. Champlain est inquiet comme moi mais prend sur lui de n’en rien montrer. Il est le chef de notre petite communauté. Mais attendre nous pèse, et nous en détournons le souci en élaborant de joyeux projets. L’hiver dernier le scorbut a décimé une grande partie de nos hommes, et sans l’habileté d’Hébert, notre apothicaire, qui a augmenté sa science auprès de nos bons sauvages, il n’y aurait probablement eu aucun survivant. Pour lutter à la fois contre les maladies et la morosité, Champlain a décidé de créer une confrérie dont chaque membre devra tour à tour organiser un banquet de produits locaux : gibier fraîchement tué et légumes du jardin d’Hébert – car il sème aussi, le bougre, a même planté un verger de pommiers apportés de Normandie - pain à la farine de maïs, et vin de la mère-patrie, réservé à ces banquets, qui devront être un reflet de nos mœurs françaises, servis avec quelque apparat, accompagnés d’intermèdes musicaux et de bouts rimés. Pour cette partie ornementale, je suis tout désigné. Champlain a pris sa plus belle plume pour rédiger les statuts de cette confrérie, qu’il a nommée L’Ordre du Bon Temps. Hébert a soufflé que les chefs de nos alliés Hurons pourraient être de nos convives, bien qu’ils n’apprécient pas le vin. Ils augmenteront nos agapes d’une grande tabagie car c’est leur manière de nous honorer. Je ne cache pas avoir peu de plaisir à être ainsi enfumé, comme les morues de nos conserves, mais je goûte assez la compagnie des sauvages – particulièrement celle de Monbertou, chef des Micmacs – pour passer sur ce léger inconvénient. Quant à ma propre copie d’attente du retour de Poutrincourt, elle est également achevé. Lors que notre héros paraîtra enfin sur sa nef, il sera salué du canon, selon l’usage, mais également d’une petite sonnerie de trompettes dont je ne suis pas mécontent. Cette musique escortera la barque de Neptune et ses Tritons, suivie de nos Micmacs dans leurs canoës d’écorce. Je ne suis pas mécontent non plus des vers que j’ai tournés pour la circonstance et qui louangeront successivement le navigateur et notre bon roi Henri. J’ai lu cela à Champlain, qui a eu l’amabilité de ne pas s’endormir lors que je requérais son attention sur la digestion d’une viande d’orignal assez goûteuse, dont il a repris trois fois. Tout à mon enthousiasme j’ai cependant celé plus étonnant : que je ne me suis pas contenté d’écrire en français de Paris et en gascon, mais que j’ai transcris la langue de nos Micmacs, qui déclameront également depuis leurs barques. Cela aura grande allure je crois. Un atelier de femmes micmacs, gouverné par notre marin-tailleur, a cousu mon costume de dieu marin et ceux des Tritons, d’après les dessins que je lui ai prodigués. J’espère que ce Théâtre de Neptune restera dans les mémoires sur ce bord du Nouveau Monde. Je ne manquerai pas de le publier dès mon retour en France. Pour peu que Dieu fasse rentrer Poutrincourt et me permettre, une prochaine saison, de rejoindre ma terre natale…

Simone Arese
2 Mai 2008


Poutrincourt arriva, et la représentation put avoir lieu, telle que je la décris ci-dessus (et je n’ai pas inventé non plus l’Ordre du Bon Temps). La musique, hélas en a été perdue. Mais cet accueil fait à Poutrincourt (qui eut lieu de nuit, à la lumière de feux sur la rive et de torches dans les barques et canoës) est considérée comme la première représentation théâtrale en Amérique du nord. On peut en trouver le texte sur Internet. Suite de la biographie du personnage :

La révocation du privilège de Duga des Monts force toute la colonie à rentrer en 1607. Dès son retour en France il publie un poème épique : « La défaite des Amouchicois » puis une « Histoire de la Nouvelle-France » (1609). Dans les éditions successives de cet ouvrage, il remanie et complète son récit, dont la seconde partie est consacrée aux Micmacs, dont il a recueilli les réflexions et noté les chants. Et toutes ces éditions comportent un court recueil de vers « Les Muses de la Nouvelle-France » (qu’il publie séparément en 1612), dont fait partie ce « Théâtre de Neptune ». Il devient secrétaire d’ambassade en … Suisse, puis reçoit une charge de Commissaire de la Marine. Il ne cesse pas d’écrire, de s’intéresser à La Nouvelle France (où il ne semble pas qu’il soit retourné) et se marie, à près de 50 ans, avec une jeune veuve de la noblesse, ruinée. Il intente un procès aux créanciers de cette dernière, qui prétendaient garder sa maison et ses terres familiales.
Il meurt à Presles en 1642, sans descendance directe. Musicien, calligraphe, dessinateur, il laisse une œuvre abondante, qui comporte, outre les textes cités, des notes manuscrites, des poèmes épars, diverses brochures sans noms d’auteur ou demeurées inédites, dont un « Traité de la polygamie »

Dernier détail (découvert sur Internet) concernant ce Théâtre de Neptune : il a été de nouveau joué en public, sur les lieux mêmes de sa première représentation (14 novembre 1606) pour le 400° anniversaire de celle-ci. Seule petite variante : tout se joua sur terre et non pas sur l’eau…

Le second atelier eut lieu le 9 mai, au couvent des Augustines. Cet ordre, présent à Dieppe au XVI° siècle, ne quitta cette ville qu’un court moment durant les guerres de religion, y fut rétabli par Catherine de Médicis, et ne changea définitivement de lieu qu’au XIX° siècle suite à la destruction de leurs bâtiments. Le couvent est à présent à Thibermont, près de Dieppe.

Cet ordre avait vocation d’aide aux malades, et trois de leurs religieuses s’embarquèrent de Dieppe (1639) pour la Nouvelle-France, où elles fondèrent l’Hôtel-Dieu de Québec, qui est toujours entre leurs mains. Une plaque offerte par les Augustines du Québec en 1989 rappelle cet événement dans le jardin de leurs sœurs aînées

Nous fûmes très bien accueillies par sœur Aimée, qui nous ouvrit la porte de la grange restaurée, où eut lieu notre atelier

On remarquera, au mur de cette grange (dotée d’un superbe grenier à foin, transformé lui aussi en lieu d’accueil) une représentation contemporaine du départ de nos trois Augustines (Demoiselles Guénet, Lecointre et Forestier selon l’état civil). Derrière elles le bateau qui les emportera, les maisons de Dieppe, et, devant, leurs bagages, sous forme d’un coffre, qui a été restitué à la ville de Dieppe et figure dans son château-musée.
Je ne pouvais consacrer mon texte du matin qu’à ces trois religieuses :

Kébek,
10 août 1639

Ma chère Mère,
Mes chères sœurs

Dieu soit loué : nous sommes arrivées à bon port en Nouvelle-France, le 1er de ce mois, sur le Saint Joseph, où nous avions embarqué à Dieppe le 4 mai, ainsi que quatre religieuses ursulines.
Nous n’avions pas quitté notre couvent sans crainte, malgré la certitude où nous étions que Dieu, qui nous avait choisies pour ce service aux malades de l’autre continent, ne saurait nous abandonner à des périls aussi inconnus que certains. Car la mer ne fut pas toujours calme. Nous avons essuyé deux fortes tempêtes, qui ont brisé un mât, ouvert des voies d’eau dans la cale. Mais les marins sont hommes courageux et ils ont réparé, colmaté. A mesure que nous approchions de notre but, le froid devenait plus terrible et les vivres diminuaient. Il y eut aussi quelques malades, et nous pûmes, avant même notre arrivée, exercer notre ministère, bien que les maladies ne soient, en mer, comparables aux maux terrestres.
Enfin la côte apparut et tout l’équipage tomba à genoux pour rendre Grâces. La ville nommée Kébek – d’un mot huron signifiant rivière je crois – ne ressemble pas vraiment à Dieppe, car elle est plutôt comparable à un immense fort, toute de bois. Notre plus grand étonnement fut la rencontre avec les premiers sauvages. Leur teint est plus sombre que le nôtre – quoique nos marins n’aient plus vraiment la peau claire, exposés qu’ils furent aux soleils des traversées – leurs yeux sont plus bridés, leurs pommettes plus saillantes. Et, surtout, leur accoutrement, leurs bijoux, leurs coiffures étranges nous les rendirent de prime abord effrayants. Mais leur collaboration est exemplaire. Ils fournissent les peaux que réclament le commerce de Messieurs Champlain, Poutrincourt, Duga Des Monts, et du gibier en abondance pour nos premiers colons. Leur science médicinale nous est également utile car ils connaissent des remèdes, des plantes que nous ignorions. Il faut dire que le sieur Hébert, apothicaire nous ayant précédées ici, était passé maître dans l’art du compromis entre la médecine de l’Ancien Monde et du Nouveau.
Je vous écris trop tôt pour évoquer l’Hôtel-Dieu que nous devons fonder bientôt car le bois de construction est juste abattu de la forêt. Mais j’avais souci à vous rassurer le plus vite possible, avant même que le Saint Joseph ne reparte. Les réparations effectuées en mer ont été consolidées, les vivres refaites, les marins ont soufflé un peu, se liant immédiatement avec les sauvages, pour quelque troc à leur avantage. Le bateau lèvera l’ancre demain, pour retourner à Dieppe, et je confierai cette lettre aux soins du capitaine, qui vous la fera remettre dès son arrivée. Sœur Marie de Saint Ignace et Sœur Anne de Saint Bernard, auxquelles je viens d’en faire lecture, en ont été satisfaites. Et c’est en nos trois noms que je vous assure, chère Mère, de notre profond respect, et chères Sœurs, de nos pieuses pensées.

Votre Sœur en Dieu :
Marie de Saint Bonaventure

Pour mon pique-nique du midi, je ne quittais pas ces lieux, si tranquilles, où je n’entendais que bêler les moutons du pré voisin et voler quelques abeilles.

J’eus même le temps de m’y promener, pour illustrer cette rubrique de quelques photos.

lieux de recueillement dans le petit bois

le potager et sa jolie serre, assez comparable (mais en meilleur état) à celle des jardins du château du Taillis, à la sortie de Duclair.

le pigeonnier, converti en chapelle

Puis la seconde classe arriva, s’éparpillant pour écrire entre la grange (rez-de-chaussée ou grenier) et les jardins. Etait-ce d’avoir traversé le potager où un jardinier binait ? Peut-être puisque je choisis d’évoquer, dans mon second texte, le personnage de Louis Hébert (déjà apparu dans mes textes consacrés à Marc Lescarbot et aux trois Augustines) :

Dans mon verger de terre lointaine,
Par un frileux jour de l’automne 1606

Anselme, mon vieux compère,

Tu seras probablement très surpris de recevoir, des mains de notre curé qui te la lira, une lettre portant ton nom. Sans doute n’en as-tu jamais reçue, mais il faut bien une première fois. Et il me semble que je te la devais car c’est dans ton verger que j’ai, avec ton accord, prélevé quelques jeunes pommiers que je comptais replanter en Nouvelle-France. Je n’ai pas oublié ta stupéfaction quand je t’ai fait part de ce projet. Louis, t’es un brin toqué, m’as-tu dit. Et je sentais que tu réfléchissais intensément, car tu grattais ton crâne autant que s’il était attaqué par tous les moustiques de ta mare. J’ai insisté : alors, Anselme, tu me les vends, ces jeunes arbres ? Tu persistais dans ton silence. J’ai demandé si le prix que j’avais proposé te semblait insuffisant. Et là, tu t’es fâché, soudain devenu rouge de colère. Tu m’prends pou’ un malhonnête, as-tu crié, ajoutant : Louis, je t’les donne, ces cinq pommiers, pasque j’suis pas sû’ qui’n support’ront la traversée et j’aurais ce r’mords d’un argent mal gagné. On s’est topé la main, puis embrassé, émus comme des femmes. Et nous avons marché à travers ton verger. Tu t’es arrêté cinq fois, pour désigner les cinq jeunes arbres qui te paraissaient les plus vigoureux. Les ceuses qu’auront point l’mal de mer, as-tu plaisanté. D’une fourche habile, tu les as déterrés, en laissant une grosse motte de terre autour des racines pour ne pas les abîmer. Puis nous les avons mis dans les caisses carrées que j’avais préparées, en rajoutant de la terre. Mais tu te souviens sûrement de tout cela aussi bien que moi. Et tu as tenu à ce que j’écrive le nom des cinq variétés que tu me donnais : Bénédictin, Belle de Dieppe, Rouge de Thibermont, Passe l’hiver, Vierge d’Août. J’ai écrit ces noms sur des étiquettes, auxquelles tu as passé une ficelle pour les attacher autour des troncs.
Sois heureux : trois de ces cinq arbres ont bien traversé la mer immense. Et pourtant je peux t’assurer que les caisses, pourtant solidement amarrées sur le pont, ont été furieusement secouées par les tempêtes. A ces tempêtes ont succédé quelques jours de sécheresse, et j’ai dû voler de nos réserves d’eau douce pour mouiller la terre des caisses. Malgré nos soins, deux arbres sont morts, n’ayant pas supporté – je suppose – l’air marin, tellement chargé de sel.
Quand enfin nous avons touché le sol de notre Nouvelle-France, je n’ai guère attendu pour planter les trois survivants. Champlain a tenu à ce que cela soit fait avec quelque cérémonie, et Lescarbot a déclamé un poème de son cru. Une bénédiction et un roulement de tambour ont clos l’affaire.
Et puis nous avons attendu. Attendu sans attendre, car, ainsi que tu le penses bien, s’établir dans un pays nouveau laisse peu de temps à l’inaction. Il fallait construire des habitations, consolider nos relations avec les sauvages, surveiller nos entrepôts et résister aux hivers rudes de cette partie du monde. Deux autres pommiers sont morts, pour des raisons inconnues, tandis que le troisième se couvrait de fleurs puis de fruits. La première cueillette a été pour un des banquets de notre Ordre du Bon Temps – avec recommandation de garder les pépins, dont j’ai tenté une germination sous abri – Et de la seconde cueillette, j’ai prélevé les cinq pommes qu’on te remettra en même temps que cette lettre. Cinq pommes en paiement de cinq pommiers, ce n’est pas moi le perdant dans cette affaire. Je les confie à un marin dont je suis sûr, qui part demain pour rentrer à Dieppe. J’espère que tu verseras quelque larme en croquant la première. La première pour l’émotion, donc. La seconde pour le goût. La troisième sera à partager avec ta femme. La quatrième – si ce souhait t’agrée – sera à déposer sur l’autel de la Vierge, chez les Sœurs Augustines dont le couvent jouxte ton verger. Et à la cinquième, tes esprits retrouvés, je t’accorde le droit de dire : bougre d’Hébert, qui n’m’a pas précisé quelle variété a survécu, et que j’reconnau point car le climat de la Nouvelle France en a changé l’aspect. Hé bien, mon vieil Anselme, ce bougre d’Hébert te doit un aveu : l’eau des tempêtes n’a pas seulement salé tes arbres dans leurs caisses, elle a aussi trempé l’encre de mes étiquettes. Je ne saurais donc te fournir aucune précision. Mais je te suggère, avant de croquer ce dernier fruit, de la baptiser d’un nouveau nom : Pomme de Nouvelle France, ou Belle d’Acadie, comme il te plaira.
Au plaisir de te revoir un jour, si Dieu nous prête vie.

Louis Hébert

Ce Louis Hébert, né à Paris vers 1575, y exerçait la profession d’apothicaire. Il embarque à Dieppe pour la Nouvelle-France, dès 1605 (ou 1606 ?), ou il accroît ses connaissances auprès des Indiens. Et, en cela différent des autres Français présents là-bas, il ne vit pas du commerce des fourrures, mais il se fait paysan, semant, plantant, des céréales, des légumes, et ce premier pommier (dont j’ignore la variété à dire vrai, malgré mes recherches auprès de l’association pomologique de Normandie). Il est donc tenu, au Canada, pour le 1er colon. Il revint en France, y chercher son épouse (Marie Rollet) et ceux de leurs enfants déjà nés. Ils en eurent dix, ce qui était assez courant à l’époque. J’ignore si tous atteignirent l’âge adulte (la mortalité infantile étant également courante), mais une de leurs filles (Guillemette) s’aligna sur sa mère, qui s’était fait un devoir d’éduquer (chrétiennement il va de soi) les petites Indiennes. L’hiver 1627, Louis Hébert glissa malencontreusement sur la glace qui avait pris le fleuve, et mourut de cette chute peu après. Sa femme lui survécut jusqu’à sa 78° année, comptant alors … 250 descendants. Tenter de deviner le nombre de ces descendants en 2008 me donne le vertige !
En 2004, Jean-Pierre Fournier s’étant rendu au Canada (avec une de ses classes), pour le 400° anniversaire de l’Acadie, il fit la connaissance de … Louis Hébert, sa fille et le mari de cette dernière (Guillaume Couillard de Lespinay), sous la forme de trois statues (dues à Alfred Laliberté) dans le parc Montmorency à Québec. Ces personnages sont en effet très vénérés là-bas, comme tous ceux qui vinrent de France entre le XVI° et XVIII° siècle. Y compris cet Etienne Brûlé, qui, embarqué comme mousse dès sa huitième année, fut ensuite confié (par Champlain) à des tribus indiennes, dont il adopta le mode de vie et connut les langues. Il fut donc un de ces truchements (= traducteurs) indispensables entre les populations autochtones et les colons français. Il semble qu’il ait plus tard participé à un complot contre Champlain, et il acheva sa vie tué par des Indiens, qui n’omirent pas de le manger, selon la tradition. Ce n’était pas tant que la famine sévissait ou que la viande humaine fût spécialement goûteuse, mais que ces populations (tout comme celles d’Amérique du sud) croyaient s’attribuer les qualités de leurs ennemis en les consommant. Nos colons (et les religieux qui rejoignirent promptement leurs rangs) s’évertuèrent à faire disparaître cette coutume, qui leur semblait barbare. Et les Anglais, auxquels les Français durent finalement céder une grande partie du Canada au XVIII° siècle, s’évertuèrent à faire disparaître la langue française. Mais c’était mal connaître nos cousins de Nouvelle-France, et plus particulièrement les Acadiens déportés en Louisiane, ainsi que les Québécois dont la devise est : Je me souviens. Et leur mémoire sera particulièrement vive en cette année 2008, où ils fêterons le 400° anniversaire de la fondation de leur ville (par Samuel Champlain – qui n’était pas normand, mais on lui pardonne !)

Avant de rapporter ici le travail des élèves, je propose à la lecture le premier texte de Jean-Pierre Fournier (écrit au manoir d’Ango le 2 mai). Il avait choisi de prêter sa voix à un oiseau, car c’est aussi une proposition que nous avions faite pour ces ateliers que de pouvoir s’identifier à un animal :

Le colibri


Zzzziii … Zzziii … Zzziii … le bourdonnement de mes ailes produit toujours le même effet ! On croirait entendre le bruit d’une flèche qui perce l’air et ceux qui viennent d’arriver sur nos côtes s’y sont laissé prendre. Ils ont cru à une attaque des Indiens et se sont repliés vers leur chaloupe, prêts à réembarquer, mais leur chef, plus observateur que les autres, a repéré mon vol au-dessus des falaises. Il a fait un signe à ses hommes qui ont interrompu leur mouvement et ont abrité leurs yeux de leur main pour mieux pouvoir m’observer dans le soleil aveuglant de ce début de matinée.

L’un d’entre eux a sorti un carnet de son pourpoint et s’est mis à me représenter avec mon bec effilé, mon jabot rouge. Un autre s’est exclamé : « C’est un colibri ! Quelle aubaine ! Dès notre arrivée nous découvrons une espèce inconnue chez nous ! » Son voisin qui continuait à me dessiner a demandé des précisions : « Celui-ci, c’est un mâle, reconnaissable à ses magnifiques plumes rouges. Les marins qui sont allés au Mexique en ont ramené quelques spécimens. J’ai eu la chance d’en voir un couple au château de Fontainebleau quand on les a présentés au roi Henri IV avec d’autres curiosités rapportées d’Amérique. C’est un Indien, dont la magnifique parure de plumes était notamment composée de ces soyeuses plumes couleur de braise, qui les a offerts au roi. Ces oiseaux sont extraordinaires : ils passent l’hiver au Mexique et migrent vers la Nouvelle France dès les premiers beaux jours du mois de mai. Ils viennent sans doute d’arriver dans la région et ils défendent leurs nids. C’est le bruit que nous avons entendu en arrivant. »

Celui qui semblait être le chef de l’expédition s’est alors tourné vers un garçon qui s’amusait à faire de l’équilibre sur le bord de la chaloupe :
- Etienne, toi qui es agile comme un singe, tu devrais grimper sur la falaise et disposer un peu de glu sur le bord d’un nid pour capturer un de ces oiseaux. »
- Et je la trouve où la glu ?
- Tu peux en fabriquer avec le reste de pain que je t’ai vu voler ce matin
!

Evidemment je ne comprenais rien à ces propos tenus dans un langage inconnu mais je vis bientôt le garçon s’élancer à l’assaut de la falaise en s’agrippant aux roches qui dépassaient. Voulait-il s’attaquer à mon nid ? Je décidai aussitôt de tourner en rond au-dessus de lui en émettant un bourdonnement qui ressemble à une haute note continue et stridente : Zzziii … Zzziii … Zzziii … Ma femelle, partie chercher de la nourriture pour nos petits qui venaient de naître, rappliqua à tire d’ailes suivie par des dizaines d’autres oiseaux. Le bruit de nos ailes devint si insupportable que celui qu’on avait appelé Etienne décrocha et sauta sur la grève en se bouchant les oreilles.

Ses compagnons étaient stupéfaits et avaient l’impression d’être la cible de dizaines de flèches. Ils ne tardèrent pas à remonter à bord de leur embarcation qui leva les voiles et fit route vers le nord.

11 juin 2008. Nous plantons un pommier (de reinettes du Canada) dans les espaces verts du Collège Alexandre Dumas de Neuville lès Dieppe, en hommage à Louis Hébert,

la plaque commémorative est déjà prête...

Jean Pierre Fournier avec ses élèves

Sébastien Pagnier avec les siens



un élève lit un de ses textes d'ateliers
le dernier mot au principal du Collège, M Bernard Gagé,
très ému par cette petite cérémonie

la presse était présente


Nouvelles Dieppoises du 24 juin 2008


Paris-Normandie du 20 juin 2008

Comme promis voici les travaux documentaires et textes d'ateliers des élèves, en commençant par la découverte du Canada contée par Camille Caplain.


Jacques Cartier

Jacques Cartier, introduction
Biographie
Le premier voyage (1534)
Le deuxième voyage (1535–1536)
À Hochelaga
Le troisième voyage (1541-1542)
La retraite


Jacques Cartier


Jacques Cartier (né vers la fin de l'année 1491 à Saint-Malo en Bretagne, décédé au même endroit le 1er septembre 1557), est navigateur et explorateur français. Auteur de cartes ayant permis l'apparition du golfe et du fleuve Saint-Laurent sur les représentations du globe, Cartier par ses Relations décrit pour la première fois ces eaux et le territoire visité qu'il nomme Canada.


Jacques Cartier. Portrait. Par Théophile Hamel, 1848, d'après un portrait aujourd'hui disparu produit par François Riss (1804-1886) en 1839. On ignore cependant son vrai visage.


Biographie

Le début de sa vie est mal connu. Fils de Jamet Cartier et de Jesseline Jansart, de la paroisse Saint-Vincent de Saint-Malo, il y épouse le 2 mai 1519 Catherine, fille de Jacques des Granches, connétable : un mariage qui améliore grandement sa condition sociale.
Plusieurs historiens avancent qu'il aurait pu accompagner une campagne de pêche pour se rendre à Terre-Neuve avant 1532, car la région était fréquentée des pêcheurs basques et bretons. Certains suggèrent aussi qu'il aurait pu participer à l'un des voyages d'exploration de la côte brésilienne par la flotte normande sous pavillon dieppois, vu :
· d'une part, les fréquentes comparaisons que Cartier fit, dans ses récits de voyage, entre les Amérindiens de la Nouvelle-France et les Brésiliens, ainsi que sa connaissance du portugais car lors de sa retraite il agira à plusieurs occasions comme interprète en langue portugaise ;
· d'autre part, l'histoire de la ville de Dieppe, qui relate la navigation non seulement du capitaine Jean Cousin, mais de deux autres capitaines, Thomas Aubert et Jean Vérassen qui embarquèrent de Dieppe en 1508 et reconnurent le fleuve Saint-Laurent auquel ils donnèrent son nom.
En 1532, alors qu'une guerre éclate entre la couronne du Portugal et les armateurs normands au large du Brésil, il est présenté à François Ier par Jean Le Veneur, abbé du Mont-Saint-Michel. Celui-ci évoque des voyages que Cartier aurait déjà faits « en Brésil et en Terre-Neuve » pour affirmer qu'il était à même « de conduire des navires à la découverte de terres nouvelles dans le nouveau monde ». Recevant une commission du roi de France, et devenant en ce sens le successeur de Giovanni da Verrazano, Cartier dirigera aux frais du roi trois voyages vers l'Amérique du Nord entre 1534 et 1542, espérant y trouver un passage pour l'Asie, sinon des richesses.

Le premier voyage (1534)


Après seulement vingt jours de traversée, Cartier atteint Terre-Neuve, avec ses deux navires et un équipage de 61 hommes. Il explore minutieusement le golfe du Saint-Laurent et, le vendredi 24 juillet, met pied à terre à Gaspé, y plante une croix de trente pieds, revendiquant la région pour le roi de France. La troupe des Français y rencontre des Iroquoiens du Saint-Laurent, venus pour la pêche, qui les accueillent sans trop de plaisir. Le chef amérindien, Donnacona, après protestations, finit par permettre à Cartier d'amener deux de ses fils en France. La rentrée à Saint-Malo se fait le 5 septembre après une autre courte traversée de 21 jours.


Réplique, à la Tour Solidor (Saint-Malo), de la croix érigée par Jacques Cartier à Gaspé le 24 juillet 1534.


Le deuxième voyage (1535–1536)

Cette expédition compte trois navires, la Petite Hermine (60 tonneaux), l’Émérillon (40 tonneaux) et la nef qui transporte Cartier, la Grande Hermine (120 tonneaux). Quinze mois de vivres ont été prévus. Ramenés de France par Cartier, les deux fils du chef Donnacona, Taignoagny et Domagaya, parlent maintenant français. Recourant à leurs connaissances, Cartier remonte alors le cours du Saint-Laurent, découvrant qu'il navigue sur un fleuve lorsque l'eau devient douce. À l'île d'Orléans, le 7 septembre, devant Stadaconé, on retrouve Donnacona.
Ce chef essaie de dissuader les Français de remonter le fleuve : il veut s'assurer du monopole du commerce. Cartier refuse et donne congé aux deux fils. Il ira donc en amont sans interprète. Une partie des hommes restent et construisent un fortin, préparant le premier hivernage connu de Français au Canada. Cartier continue à remonter le fleuve sur l’Émérillon, mais bientôt son tirant d'eau lui interdit de poursuivre au-delà du lac Saint-Pierre : il y ancre l’Émérillon et l'équipage poursuit en barques.

Commémoration du départ de Jacques Cartier sur le sol de la cathédrale Saint-Vincent à Saint-Malo.

À Hochelaga

Le 2 octobre 1535, Jacques Cartier et ses compagnons arrivent dans la région de l'établissement nommé Hochelaga. La nuit venue, ils se retirent tous à bord des barques. Tôt le lendemain matin, avec ses gentilshommes et vingt mariniers armés, Cartier entreprend à pied le chemin vers ce village, sur une voie bien aménagée. Marchant ainsi deux lieues (environ 8 km), ils peuvent enfin apercevoir cette bourgade palissadée de tronc d'arbres, sur une colline et entourée de terres cultivées pleines de maïs (dit blé d'Inde), ainsi qu'il décrira le paysage entourant Hochelaga. Il nommera Mont Royal, cette montagne de l'île et de la ville qui sera ensuite nommée Montréal.
La bourgade n'a dans son rempart circulaire qu'une seule porte d'entrée (sortie). On y compte une cinquantaine de « maisons longues », communautaires. Le chef du village affirme que l'on peut continuer à remonter le fleuve vers l'ouest durant trois lunes et, de la rivière des Outaouais, se diriger vers le nord et pénétrer dans un pays où l'on trouve de l'or.
Après cette visite d'un jour, les Français rebroussent chemin et retournent au pays de Canada (région de Québec), hiverner au mouillage, à côté du fort Sainte-Croix (sur l'actuel site du Parc Cartier-Brébeuf).
Les rapports avec les Iroquoiens du Saint-Laurent sont bons, malgré quelques disputes sans gravité, qui ne dégénèrent jamais en violence. Cartier découvre cependant les premiers scalps dans la maison de Donnacona. Il y goûte aussi le tabac, qu'il n'apprécie guère. L'hiver de l'Amérique du Nord arrive et surprend les Français, le fleuve gèle et emprisonne les navires. Cartier et ses hommes hivernent près de la rivière Sainte-Croix (maintenant dite rivière Saint-Charles, à Québec). Les hommes souffrent du scorbut, les Iroquoiens en sont aussi frappés, des Français meurent tandis que les Amérindiens s'en tirent beaucoup mieux. Cartier, épargné, découvre que les Iroquoiens du Saint-Laurent se soignent avec une préparation de feuilles de cèdre (thuya). Il applique le traitement à ses hommes et met met met bientôt les guérisons se multiplient. En avril, Cartier s'empare de Donnacona, de ses deux fils et de sept autres Iroquoiens puis, profitant met met le cap sur la France, abandonnant la P etite Hermine. Après un passage par Saint-Pierre-et-Miquelon, il retourne à Saint-Malo en juillet 1536, croyant avoir exploré une partie de la côte orientale de l’Asie

Le troisième voyage (1541-1542)

Donnacona qui a compris ce que cherchent les Français, de l'or, des gemmes, des épices, leur fait la description qu'ils veulent entendre, celle du riche royaume de Saguenay, et François Ier, bien qu'occupé par les menaces de Charles Quint, se laisse convaincre de lancer une troisième expédition avec pour instructions d'implanter une colonie.
L'organisation de l'expédition est confiée à Jean-François de La Rocque de Roberval, un homme de cour, ce que Cartier n'est pas. Il ne sera cette fois que le second de Roberval. La colonisation et la propagation de la foi catholique deviennent les deux objectifs. Donnacona meurt vers 1539, comme d'autres Iroquoiens du Saint-Laurent, les autres se sont mariés, aucun ne reviendra. On prépare l'expédition, arme cinq navires, embarque du bétail, libère des prisonniers pour en faire des colons. Roberval prend du retard dans l'organisation et Cartier s'impatiente puis décide de s'engager sur l'océan sans l'attendre. Après une traversée calamiteuse, il arrive enfin sur le site de Stadaconé en août 1541 après trois ans d'absence. Les retrouvailles sont chaleureuses malgré l'annonce du décès de Donnacona, puis les rapports se dégradent et Cartier décide de s'installer ailleurs.
Il fait édifier le fort de Charlesbourg-Royal au confluent du Saint-Laurent et la rivière du Cap Rouge pour préparer la colonisation. Bientôt, l'hiver arrive et Roberval est toujours invisible avec le reste de l'expédition. En attendant, il accumule l'or et les diamants qu'il négocie avec les Iroquoiens du Saint-Laurent qui disent les avoir ramassés près du camp. En 1542, il lève le camp, rencontre Roberval à Terre-Neuve. Malgré l'ordre que ce dernier lui donne de rebrousser chemin et de retourner sur le Saint-Laurent, Cartier met le cap vers la France.
Aussitôt arrivé, il fait expertiser le minerai et apprend qu'il ne rapporte que de la pyrite et du quartz sans valeur. Sa mésaventure sera à l'origine de l'expression « faux comme des diamants du Canada ».


La retraite


Déçu, il se retire dans son manoir de Limoëlou, près de Saint-Malo. Considéré comme un sage, on le consulte parfois et on met à profit ses connaissances du portugais. Il succombe en 1557 de la peste qui frappe la ville. Ses restes, retrouvés en 1944, reposent depuis dans la cathédrale de Saint-Malo.

Jacques Cartier, Gravure attribuée à Pierre-Louis Morin, vers 1854.
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ISSINDOU Baptiste
BESNARD Pierrick 3°5




Localisation
Histoire
La société huronne avant 1649
La société huronne après 1649
Les hurons de nos jours
Photos


1) Localisation

Avant 1649, les Hurons disposaient d’un territoire au Canada et aux États-Unis. Ce territoire de 880 km² était délimité par la rivière Niagara à l’est, la rivière Sainte-Claire à l’ouest, le lac Erié au sud.
Après leur défaite face aux Iroquois en 1649, un groupe d'environ 300 Hurons catholiques s'installe près de Québec, à Wendake.

Après 1649, une autre partie des Hurons fuit vers l'Ouest et s'installe dans le Michigan et l'Ohio puis, après le XVIIIe siècle, ils sont divisés en trois groupes : un dans le Michigan et l'Ontario, l'autre au Kansas et le troisième dans l'Oklahoma, dans l'actuelle réserve huronne de Wyandot.

2) Histoire

a) Origine du nom


Le nom indien de la nation est « Wendat », ce qui signifie « insulaire » en rapport avec leur lieu d'habitation sur la presqu'île de la Baie Georgienne.
Le nom « Huron » leur a été donné par les premiers arrivants français à cause de la coiffure qui ressemble a la hure du sanglier.
Les Hurons avaient alors des ennemis héréditaires : les Iroquois
.
Plutôt grand : 1,80 m en moyenne, musclé, mince, énergique et très résistant : il se contente de peu de nourriture lorsqu'il se déplace. Il se frotte la peau d'huile de tournesol. Il porte des mocassins, des jambières et des tuniques. Les coiffures varient : longues, tressées ou parfois le crâne à moitié rasé mais beaucoup d'hommes se le rasent complètement avant de partir en guerre. Sur les vêtements, les hommes portent la marque de leur clan. Ils portent des manches en hiver et les habits sont faits la plupart du temps de peau de renard et les broderies de crin d'orignal. Le rouge et le noir sont les couleurs favorites et les motifs des décorations sont géométriques.

b) Avant l’arrivée des européens

Les Hurons formaient une confédération de cinq tribus distinctes, d'après les premiers Européens entrant en contact avec eux : les Attignawantan peuplade de l'ours, les Attignaenongnehac peuplade de la corde, les Arendaronon peuplade du rocher, les Tahontaenrat peuplade du Daim et les Ataronchronons peuplade des Marais.
Ils commercent et ont de bonnes relations avec les Pétuns et les Neutres ( peuples iroquois cultivant le tabac), ainsi qu'avec certaines tribus de la Confédération des Cinq-Nations iroquoises et avec les algonquiens de la vallée de l'Outaouais : les Outaouais, les Nipissings et les Algonquins.
Avant l'arrivée des Français, ils sont en guerre avec les Iroquois, mais cette guerre régularise le poids démographique de chaque peuple, et les captifs sont souvent adoptés.


c) le contact avec les Français

Le premier contact avec les Français remonte à 1609, lorsqu'ils décidèrent de former une alliance militaire et commerciale avec Samuel Champlain. Celle-ci fut effective en 1616. Les Français sont libres de circuler en territoire huron, et se doivent d'intervenir en cas de conflit. Cela entraîne d'ailleurs les Français dans une guerre avec les Iroquois.

 


En 1615, des missionnaires récollets (religieux réformés) sont envoyés chez les Hurons, suivis par les Jésuites en 1625. En 1633, dans le renouvellement de l'alliance, les Français ajoutent une clause : les Hurons sont tenus d'héberger des missionnaires chrétiens. Un nombre important de missionnaires jésuites se sont installés dans les années 1640 parmi les Wendats dont ils ont appris la langue et l’organisation sociale. Cependant, certains hurons ont un ressentiment pour les jésuites, allant jusqu’à les considérer comme des sorciers, qui baptisent les gens à l'article de la mort et qui ne sont pas eux-mêmes touchés par les épidémies.


Contact avec des Français


Les premières conversions datent de cette époque : en effet, le Huron chrétien a des avantages, car il peut acquérir des marchandises à prix bas, et surtout il peut posséder une arme à feu. Cependant, il se désolidarise du reste du village car il refuse d'aller au combat et de participer à des rituels non chrétiens.


d) la guerre contre les iroquois

Les Hurons sont en guerre contre les Iroquois avant même l'arrivée des Français. Les Attignawantan et les Attignaenongnehac se livrent à des combats contre les cinq tribus iroquoises de New York, et sont bientôt rejoint par les trois autres peuplades huronnes qui quittent la rive sud et la rive est de l'Ontario pour se joindre à eux.

En 1647, une tentative de paix échoue, refusée des Mohawks et des Sénécas ( Tribus iroquoise), et les conflits reprennent en 1648.

En raison de leur infériorité numérique (liée aussi aux maladies apportés par les missionnaires) et de l'alliance des Iroquois avec les Hollandais puis avec les Britanniques et d'autres nations indiennes, les Hurons perdent peu à peu la guerre, qui devient de plus en plus destructrice avec l'utilisation d'armes européennes (fusils, couteaux).


Conflit entre hurons et britanniques

Les Iroquois prennent le principal village des Teanaostanaies, représentant 10% de la population huronne, ce qui suscite la peur à l'intérieur du pays, les femmes refusant d'aller cultiver les champs, ce qui provoque une famine. Puis, les Iroquois lancent des assauts sur les principaux villages hurons, faisant de nombreux morts et blessés, notamment à Saint-Louis, mais ils sont repoussés à Sainte-Marie par les Hurons, qui tirent avantage des fortifications françaises. Se voyant tout de même vaincus, les Hurons vident leurs villages et décident de se disperser. Les Iroquois ont pris durant la guerre un grand nombre de captifs ; les uns sont adoptés, les autres tués. Les Hurons étaient affaiblis par les maladies européennes, telle la petite vérole. Ce fut la grande cause de décès chez les Hurons.

Suite à leur défaite, les hurons se sentirent menacés par les iroquois c’est pourquoi certains se sont dispersés sur le continent pendant que d’autres s’installaient près de Québec.

Ils établissent leur village près de Québec mais le déplacent souvent, afin de trouver un terrain approprié : ils habitent successivement l'Île d'Orléans, Québec, Sillery, Beauport, Notre-Dame de Foye et L'Ancienne-Lorette, avant de se fixer à la Nouvelle-Lorette, où ils habitent encore aujourd'hui.

3) La société huronne avant 1649

a) Démographie

En 1535, la population huronne comptait de 30 000 à 40 000 individus. Au début du XVIIe siècle, il y avait au Canada entre 20 000 et 30 000 Hurons. En 1634, la population s'élève à 18 000 individus. De 1634 à 1640, leur population est réduite à 9000 par une série d'épidémies, notamment la variole en 1639, la petite vérole, l'influenza ou la rougeole, maladies contre lesquelles les Hurons ne sont pas immunisés.

b) urbanisation

Au XVIIe siècle, les Hurons-Wendats vivaient dans 18 à 25 villages, dont certains comptaient jusqu’à 3 500 habitants, ce qui représente près de 10% de la population à l'époque. De 1615 à 1649, ils occupent un territoire de quelque 880 km², avec une densité moyenne de peuplement de 23 habitants par km². Les villages sont situés près d'une rivière et de terres cultivables, nécessaires à l'agriculture huronne. Les villages changent d'emplacements tous les 10 à 15 ans (12 ans en moyenne), en fonction de l'état des sols et du bois de chauffage disponible proche du village, la population huronne est donc semi-sédentaire. Leurs villages, généralement surelevés, sont le plus souvent fortifiés avec des palissades permettant une défense efficace. Ils occupent généralement une surface de 2 à 3 hectares, les plus grands pouvant aller jusqu’à 8 hectares.

Ces villages se composent le plus souvent de Maisons Longues (qui abritent chacune une seule famille ou clan), d'une largeur d'environ 7 mètres et dont la taille varie selon la taille de la famille, la plupart mesurant entre 45 et 55 mètres de longueur, certaines pouvant atteindre 90 mètres de longueur. La plus longue jamais découverte mesure 125 mètres de longueur, c’était dans l'actuel État de New York.
Les plus grands villages pouvaient avoir une quarantaine de maisons longues. Ces maisons longues étaient faites de rondins arqués ensuite recouverts d'écorce de cèdre, d'orme et de frêne. Dans le long corridor central se trouvaient des feux, et sur le côté étaient situées des plateformes surélevées afin de pouvoir dormir.


Habitations huronnes

4) La société huronne après 1649

a) démographie et urbanisation

Au départ, la communauté ne compte que quelques centaines de Hurons, surtout des Attignaenongnehac. On ne compte que de 400 à 1 000 membres en 1740 , puis pas plus de 179 en 1829. Aujourd'hui, il y a 3 000 Hurons-Wendats au Québec.

Si au départ les Hurons construisent des maisons longues traditionnelles, celles-ci sont rapidement abandonnées et remplacées par des maisons à l'européenne.

Cependant, la structure du village est influencée par la culture wendate : il n'existe pas de cour intérieure, la porte principale d'une maison étant orientée vers l'arrière d'une autre. Cela vient du fait que dans la culture huronne, il n'y a pas une délimitation aussi marquée entre la sphère privée et la sphère publique. Toutes les maisons sont proches les unes des autres.

e) langue

La langue wendate est une langue iroquoienne « l’algonquain ». Les Hurons étant dominant dans la région du sud de l'Ontario jusqu'en 1649, et étant les principaux commerçants, le huron était devenu la langue du commerce et de la diplomatie.


b) Agriculture

Au départ, les Hurons cultivent le maïs, les haricots, la courge (appelées les « Trois Sœurs », l'agriculture étant souvent pratiquée par les femmes) et même, dans une moindre mesure, du tabac, de moins bonne qualité que celui cultivé par les Pétuns et les Neutres, ainsi que du tournesol, utile pour son huile ainsi que pour la fabrication de peintures de guerre. Ils extrayaient la sève d'érable et la faisaient bouillir pour concentrer les sucres afin d'obtenir du sirop d'érable. La pêche est une activité principale, avec notamment la construction de barrages pour pouvoir capturer plus facilement des poissons, la chasse étant de moindre importance à cause du manque de gibier.


Les trois soeurs

c) Commerce

Les Hurons-Wendats sont des commerçants qui commercent avec de nombreuses tribus : les Pétuns, les Neutres, les Outaouais, les Nipissings et les Algonquins de la vallée de l'Outaouais. Ils commercent notamment le maïs, qu'ils possèdent en abondance, en échange de fourrure ou de viande. Leur système de commerce étant le plus développé, les Hurons refusaient d'apprendre une autre langue que la leur : aussi les commerçants des autres tribus devaient apprendre la langue huronnne.
Puis ils commercent avec les Français, en leur vendant notamment des fourrures, dont ils deviennent les principaux fournisseurs, et ils n'hésitent pas à se procurer des fourrures en capturant le bétail iroquois lors de la guerre. En échange, les Français leur offrent des produits en métal, tels des chaudrons ou des haches.


Commerce huron

d) Chasse

Au départ, les Hurons-Wendats ne faisaient pas de la chasse une activité principale, chassant alors avec des flèches, des lances et des arcs. Avec l'arrivée des Français, la chasse s'intensifie, pour le commerce de la fourrure, mais reste une activité de moindre importance : ils privilégiaient le piégeage des animaux.

Après leur installation au Québec, les Hurons ne donnent plus la priorité à la culture du maïs, mais à la chasse. Les territoires de chasse des Hurons se trouvent au nord du Saint-Laurent, entre le Saguenay et le Saint-Maurice.
Pour la chasse au gros gibier, tel l'orignal et le caribou, les familles doivent souvent se déplacer en hiver.
La viande était conservée par séchage, de même que le poisson ou la courge. La peau était boucanée (fumée) et utilisée pour créer des vêtements.
Après 1850, les Hurons doivent abandonner la chasse pour diverses raisons : ouverture de nouvelles régions à la colonisation, formation de nombreux clubs privés de chasse, création du Parc des Laurentides. Les Hurons se spécialisent alors dans l'artisanat et sa vente : raquettes, paniers, canots, mocassins. Aujourd'hui, Wendake est une des communautés amérindiennes les plus prospères du Québec.

5) Les Hurons de nos jours

Les 3 000 Hurons-Wendats de Loretteville, au Québec sont surtout catholiques et francophones, bien qu’il y ait actuellement un mouvement en faveur de l’étude et de l’utilisation de la langue wendate. Ils sont connus depuis longtemps pour leur production d'artisanat et d'objets traditionnels, entre autres les mocassins et les raquettes de babiche (peau de cerf).

En 1999, les représentants des groupes wendats au Québec, dans le Kansas, dans l’Oklahoma et dans le Michigan se rejoignent, à leur ancienne patrie à Midland, en Ontario, afin de rétablir formellement la Confédération Wendate.



Eglise huronne avant Eglise huronne après



Différents travaux de hurons



Dessins et photos représentant les hurons



Le dernier des Mohicans est un film retraçant la guerre entre les Hurons alliés aux français et les Iroquois alliés au britanniques.
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Une rencontre inoubliable !!
(texte d’atelier, par Pierrick Besnard)

26 mars 1618 :

J’embarquais sur le navire du célèbre Samuel de Champlain, j’étais alors un matelot. La cargaison était prête et j’entendis un « lever l’ancre », cela annonça le départ du bateau. Nous étions environ 50 matelots aux ordres et services de Mr Champlain et nous partîmes direction « la Nouvelle France ».

26 avril 1618 :

Je posai enfin le pied sur terre après un mois en mer. Ce mois en mer fut moins difficile que je ne le pensais, le vent était avec nous. Au bout de seulement trois semaines, nous avions traversé l’Atlantique. Puis nous avons remonté le fleuve St Laurent et nous nous sommes retrouvés sur le lac Ontario, en plein territoire huron. Nous venons de descendre la cargaison et nous plantons le bivouac à l’endroit où allons passer la nuit.

27 avril 1618 :

Après une bonne nuit de sommeil, je me réveillai vers cinq heures trente, le camp était encore endormi, je décidai d’aller m’aventurer dans la forêt. Dans cette forêt, je vis beaucoup de castors et de marmottes, j’arrivai alors sur une grande plaine, où je vis un énorme troupeau de caribous qui passa à quelques mètres de moi et j’eus très peur. Puis, en haut d’une colline, je vis un petit campement indien. Ces indiens étaient sûrement des Hurons, mon grand père m’avait raconté qu’ils vivaient entre le lac Érié, le lac Ontario et le lac Huron. Je montai sur cette colline pour voir ce campement de plus près. J’avais peur de me faire prendre. Leurs maisons étaient assez longues de 45 à 55 mètres, d’une largeur de 7 mètres. Les maisons étaient faites en rondin. Le village était constitué d’environ 40 maisons. Trop curieux, je rentrai dans ce village mais tout de suite, plusieurs Hurons m’encerclèrent. Ils m’emmenèrent voir leur chef, une chance pour moi, il y avait un truchement et il parlait français. Je lui expliquai que j’étais un matelot de l’équipage de Mr Champlain et que je me promenais. Je fus pris d’une pulsion et je lui demandai si le chef voudrait bien faire du commerce avec notre équipage. Il demanda au chef et après une courte réflexion, celui-ci répondit oui. Je partis directement en avertir mon chef, qui me félicita et me dit que l’on irait rencontrer cette tribu huronne dès le lendemain.
La nuit fut très bonne, je rêvais de ma découverte et me demandais ce qu’on pourrait bien troquer avec les Hurons.

27 avril 1618 :

Dès 5 heures, j’étais levé, j’attendis dans ma tente jusqu’à 7 heures.
Puis, avec mon chef et quelques matelots, nous partîmes pour le campement. Là-bas les Hurons nous accueillirent chaleureusement et puis, bien sûr, nous passâmes au troc. Ils nous proposèrent du maïs, des haricots, de la courge, des fourrures, des couteaux et plein de petits bibelots, nous, nous n’avions que de l’alcool et des armes à feu à leur proposer.

29 juin 1618 :

Nous restâmes encore un mois et demi en compagnie de cette tribu, ils nous apprirent leurs coutumes, leurs techniques de chasse et d’agriculture.
Nous quittâmes cette tribu avec beaucoup de regrets, et beaucoup de souvenirs qui resteront à jamais gravés dans ma mémoire.
Je vous écris depuis la cabine du bateau, nous sommes ravagés par une tempête à laquelle le bateau ne va sûrement pas survivre. Donc ici s’achève mon récit.

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Ces traîtres de Français
(texte d’atelier de Baptiste Issindou)

Je m’appelais Magua, j’étais en train de chasser avec mon ami. Nous étions en train de courir après un troupeau de bisons. Je voulais absolument aujourd’hui abattre un animal pour sa fourrure car il commençait à faire froid en cette saison d’automne. Avec mon ami, nous commencions à franchir une rivière. Nous fûmes emportés par le courant qui était si violent et si rapide que nous n’en sommes sortis qu’un peu plus tard. Une fois remis de nos émotions, nous commencions à remonter le long de cette rivière afin de retourner à notre village déçus de ne pas avoir abattu ces bisons. Quand, tout à coup, nous vîmes une centaine d’étrangers s’avancer vers nous. Le chef de cette troupe me regarda fixement avant de nous demander :
- Qui êtes-vous ?
- Je suis Magua et voici Scano, mon ami, lui répond dis-je. Que faites-vous ici, vous et vos hommes ?
Il me répondit d’un ton amical :
- Moi je suis Verrazane, le chef de ces hommes. Je viens d’Europe afin d’explorer le monde.
- D’Europe ? lui demandai-je.
- Oui, un autre continent à environ un mois de bateau, c’est très loin d’ici.
- Et que venez-vous explorer ?
- Nous venons explorer le Canada et par la suite ramener des hommes et les rendre célèbres en France !
- En France ?
- Oui, en France un pays de cette Europe ! Voudrais-tu que je t’emmène toi, ton ami, ta famille et sa famille en Europe ? Vous aurez une habitation, vous serez nourris et chauffés sans aucun effort. Plus de chasse, plus de peur de ne pas manger et de mourir de froid.
- Etes vous vraiment certain de ce que vous me racontez ? Qu’en penses-tu toi Scaro ?
- Moi, me fit Scaro, c’est vrai qu’à cette époque il fait très froid et en plus les bisons se font rares. Je serais d’accord.
- Moi aussi dis-je, mais seulement si ma famille vient ! Nous sommes d’accord Mr Verrazane, nous allons dans notre village demander à nos proches s’ils souhaitent venir. S’ils ne souhaitent pas venir, nous ne viendrons pas.

Nous partîmes pour environ 20 minutes de marche intensive dans les bois. Quand nous fûmes arrivés à notre village, tous les habitants sortirent de leurs habitations afin de voir les Français. Quand tout le monde fut sorti, je suis allé voir ma mère et mes proches pour leur proposer cette offre. Je leur expliquai en détail cette offre jusqu’au moment où une dizaine de Français sortirent leurs armes et dirent d’un ton féroce :
- Toute cette tribu va nous suivre jusqu’à notre bateau ! S’ils ne nous suivent pas, nous les tuerons avec ces armes sans pitié !
Toute ma tribu fut enlevée, je me sentis coupable et trahi en même temps. Quand nous fûmes tous dans les grosses pirogues, ce qu’ils appelaient « bateaux », nous étions 34 très précisément, placés dans de toutes petites pièces. Nous étions environ 7 par pièce.
Durant deux jours, ils ne nous alimentèrent pas, ils nous donnaient seulement 1 litre d’eau par jour pour sept. Quand on nous donnait à manger, ce fut quelques tranches fines de pain sec. Le voyage a duré au total 28 jours et 29 nuits. Quand nous fûmes arrivés en France, en Normandie, précisément, nous débarquâmes à Dieppe où nous fûmes vendus au marché des esclaves à des hommes riches. Un d’eux s’approcha de moi et me fit un signe avec son index, je compris qu’il me demandait de venir vers lui. Il remit une somme énorme au marchand d’esclave pour que je sois sa propriété. Une fois arrivé à mon nouveau domicile, qui se situait à Varengeville, je fus agréablement surpris par la taille et la beauté de ce manoir qui appartenait à mon nouveau maître, Jehan Ango.

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Jean Vauquelin, sa vie, sa gloire
(Recherche de Jessica Brigaudin)


Né à Dieppe en février 1728. son père, capitaine marchand et routier de petite naissance et a un très mérite. Vauquelin commença à naviguer très jeune avec son père avec lequel il apprit le bourlingueur, tout sur la navigation et la course, la manœuvre et la timonerie la défense ainsi que l’attaque. Il effectua 21 campagnes, participa à trois combats et fut blessé deux fois avant d’être recruté au Havre en tant qu’officier bleu et se voit recevoir le commandement de la Tourterelle.

Lors de ses 18 ans son père est très fier de lui, il admire énormément son sang froid, sa bravoure qu’il déploya devant une frégate britannique : Vauquelin fut accroché par des corsaires anglais lorsqu’il se dirigeait aux Antilles. Son navire était armé de 12 canons et de 36 hommes tandis que les corsaires étai au nombre de 80 hommes et armé de 20 canons…ce qui donnait un combat inégal mais les corsaires prirent la fuite.

En 1750, Jean Vauquelin acheta un voilier pour son propre usage personnel

Suite à une infériorité d’officiers et comme la guerre éclata Vauquelin fut recruté à la marine royale en 1758 en tant que lieutenant et reçoit l’Aréthuse, frégate de 30 canons destinée à apporter des munitions et du renfort à la Nouvelle France sur les côtes anglaises.

En juillet, il défendit la place de Louisbourg, attaquée par la flotte de l’Amiral Boscawen et par les armées du général Amherst.
Après cette bataille, Vauquelin navigue seul, et la flotte gauche anglaise l’incommode et retarde ses opérations.
Son équipage trois fois renouvelé, ses agrès emportés, son accastillage dévasté, il se met à l’abri de la ville pour réparer les avaries de la mâture et des ponts. Les réparations sont à peine terminées que le gouverneur Drucour demande au capitaine Vauquelin de rentrer en France, car l’Aréthuse est l’unique navire français à prendre la mer car les autres sont utilisés pour boucher l’entrée du port.

Nuit du 14 juillet, l’Aréthuse portant des dépêches officielles et deux ou trois déserteurs, profita du brouillard et de la nuit pour passer inaperçue lors de sa sortie du port mais, des anglais postés dans un phare la virent et la signalèrent par des fusées à l’escadre de l’amiral Hardy ; plusieurs bâtiments furent détachés à sa poursuite mais la perdirent de vue dans l’épaisseur du brouillard. L’amiral Boscawen avoua que si Vauquelin avait été sous ses ordres il l’aurait nommé « commandant du vaisseau ». Vauquelin fit honneur à la marine française.

Au mois de juillet, il se distingua devant le siège. Beaucoup de personne témoigne en la bravoure de Vauquelin comme le commissaire-ordonnateur Prévost qui fit son discours en dénonçant des témoignages de déserteurs anglais lors de sa lutte avec les corsaires !
Vauban souhaitait son recrutement car il disait que c’était un « gros marin vaillant »


En février 1759, Vauquelin reçut le commandement de l’Atalante pour participer à la défense du Canada, sous l’ordre du roi avec trois frégates. Il proposa des plans de défenses pour les armements mais il y eut discordes entre les chefs alors les plans ne sont pas pris en compte !

Entré dans le Saint-Laurent, il y dirigea les opérations navales lors du siège de Québec et tenta en avril, d’aider Levis, à reprendre la ville mais il est poursuivi par une division anglaise.

Le Québec capitula en septembre 1759 et durant l’hiver, le lieutenant mit ses navires en sûreté !

Le printemps suivant, le chevalier de Levis espérant quelques secours de la France, rallie ses troupes, vêtues de haillons, armées de couteaux et de fusils de chasse, culbute devant Québec. La petite flotte de Vauquelin, mouillée à l’Anse au foulon, appuie sur la droite de Levis : elle comprend 2 frégates ; Atalante et Pomone, 2 flûtes ; Marie et Pie, quelques bateaux et goélettes chargés d’effets.

Un soir le lieutenant Vauquelin vit une silhouette de bateau … salut ou ruine ? C’était une frégate venant d’Angleterre qui fonçait droit sur l’Atalante, alors, Vauquelin décida d’appareiller pour monter au-dessus de la place et fait couper les câbles.
Mais la Pomone échoue à l’intérieur de l’anse. Afin de sauver les autres bâtiments trop lents pour suivre l’Atalante qui fait déjà voile, il ordonna de se blottir dans la rivière du cap rouge. Les frégates anglaises les chassent et pour éviter d’être pris entre deux bombardements de deux frégates anglaises, il décida de manœuvrer pour sauver son équipage. Il s’échoue à 20 toises de Pointes aux Trembles.
Il a encore une heure de flot, il abat le grand mât, pointes ses batteries sur l’ennemi, qui, mouillé par son travers à demi porté de ses canons, il l’accable de mitraillettes, blessant ou tuant des officiers et soldats.

Or, Vauquelin n’a plus de poudres ! La coque de sa frégate s’est éventrée. L’eau a gagné la soute, submergeant les quatre derniers barils de poudres. Le mousquet au point, il attend avec les compagnons les canots d’abordages. L’ennemi continu de les couvrir de boulets et d’obus.
L’Atalante se couche sur le côté, ce qui permet à quelques membres de l’équipage de sauver leurs vies, Vauquelin coupe le mat de la misaine. Tous les cordages hachés, voiles criblées, les ponts, les barrots et les entretoises mis en pièces.
L’Atalante reçus 900 coups de canons ! Seulement, Jean Vauquelin blessé, fut prisonnier mais ses ennemis impressionnés par son courage décidèrent de le relâcher et lui demandèrent pourquoi il y eut un silence de ses bombardements et il répondit qu’il n’avait plus de poudres !
Vauquelin voulut brûler l’Atalante mais il se dit qu’il pourrait récupérer les canons mais les Anglais avait déjà brûlé le bateau sous l’ordre du capitaine Schomberg !
Rentré en France, Vauquelin est nommé capitaine des brûlots, puis lieutenant de vaisseau.

Il fait campagne à Cayenne, à la Martinique, à Saint-Domingue, aux les de France et bourdon.


Jean Vauquelin mourut en 1772 à Rochefort

Pour tout le monde peut importait la bonne ou mauvaise fortune de Vauquelin, les accusations vraies ou fausses contre lui !!!

Il fut l’un des défenseurs de la nouvelle France, et sa défaite vaut comme une victoire aux yeux de tous mêmes des anglais.


Jean Vauquelin est un héros pour la France et est très respecté !!!!

Et à Dieppe on en pense quoi?

Un monument (statue) à été dédié à Jean Vauquelin pour son mérite et sa « victoire »


Et, une école dans la rue joseph Brunel au Pollet porte le nom de Jean Vauquelin dont voici la plaque :


A Dieppe, au centre ville une rue joignant le quai Duquesne à la place National se nomme « rue Vauquelin

Glossaire

Bourlinguer : en parlant d’un navire, rouler bord sur bord à cause du mauvais temps
Timonerie : le timonier est celui qui tient la barre, c’est un matelot chargé de surveiller la passerelle.
Agrès : ensemble de ce qui concerne la mâture d’un navire.
Accastillage : ensemble des superstructures d’un navire au-dessus du pont supérieur.
Avarie : dommages survenus à un navire.
Escadre : réunion importante de navires de guerre.
Frégate : dans la marine à voile, bâtiment moins lourd et plus rapide que le vaisseau.
Goélette : petit bâtiment généralement à deux mats, aux formes élancées.
Appareiller : quitter le port.
Mouillage : plan favorable au stationnement d’un bâtiment, d’une force navale.
Baril : petit tonneau où l’on met la poudre.
Misaine : mât vertical le plus sur l’avant d’un navire, situé entre le grand mât et le beaupré.

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Fantômes à bord
(texte d’atelier de Jessica Brigaudin)

« _ Barre à bâbord ! Barre à tribord ! Mais que fabriquez-vous bande de moussaillons ? Eh ! oh ! je vous parle ! Mais que faites-vous avec ces choses remplies d’écritures ? Mais où suis-je ?
_ Capitaine ! Mister capitaine Showberg please !
_ Vauquelin ? Allez-vous-en de mon navire !
_Calmez-vous ? Capitaine Showberg !
_ Qui êtes-vous ?
_ Jehan Ango et je vous signale que vous vous trouvez dans une propriété privée.
_ N’importe… mais ce n’est pas mon navire ? Et mes hommes, et … qui sont ces gens ?
_ Et bien moi c’est Jehan Ango et lui c’est …
_ Oui Vauquelin, mais je ne parle pas de vous, mais d’eux, ceux qui ne travaillent pas, ceux qui ne surveillent pas !
_ Ils travaillent, ils font des ateliers d’écriture dans mon jardin !
_ Et si on s’alliait tous pour les chasser de ton na…ta demeure !
Vauquelin allez chercher l’Atalante !
_ Non Showberg on va s’allier pour aider cette adolescente qui écrit l’histoire de Vauquelin
_ Oh! mais c’est très facile cela :
C’était en 1759, le jeune commandant de l’Atalante avait la trentaine.
Nous les Anglais, avions surpris l’Atalante et la Pomone, dans la nuit en plein hiver, on les bombardait de boulets puis la Pomone s’est échouée. Vauquelin a ordonné pour le cap rouge, notre armée les a chassés ! Ils étaient à 20 toises de Pointes aux Trembles.
C’est alors que le commandant de l’Atalante abattit le grand mât.
_ Alors après, j’ai appareillé mes batteries sur mon ennemi, mais j’ai arrêté !
_ C’est cela ! Ensuite nous vous avons fait prisonnier, puis on vous a libéré car vous vous étiez bien battus. Alors vous êtes rentrés en France et vous avez été nommé « capitaine des brûlots » et « lieutenant des vaisseaux.
Où est l’Atalante au fait ?
_ Vous l’avez brûlée, vous ne vous en souvenez plus ?
_ En même temps cela fait 250 ans !
Et pourquoi avez-vous cessé le feu alors que vous étiez en bonne voie ?
_ Car il n’y avait plus de poudre !
_ Comment le savez-vous, cela faisait 250 ans que vous êtes mort ?
_ Dieppe est une petite ville à laquelle je m’intéresse beaucoup !
_ De toute façon, c’est moi qui ai gagné !
_ Et bien sachez Capitaine, que la défaite de Jean Vauquelin est considérée comme une victoire aux yeux de tous !
_ Et bien Ango, puisque c’est ainsi je vous laisse vous débrouiller avec vos invités, mais ne comptez pas sur moi !

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A tous ceux qui liront ce journal
(texte d’atelier de Jessica Brigaudin)

Le 9/5/1759

Je ne suis pas quelqu’un d’important, juste un mousse qui travaille sur l’Atalante, la frégate de Jean Vauquelin. Nous les moussaillons étions séparés en deux groupes cette nuit-là ! Certains se reposaient, et d’autres surveillaient si les Anglais n’attaquaient pas ! Moi, je faisais partie de ceux qui surveillaient, mais cette nuit-là, je ne fis pas très bien mon travail. J’eus envie de me promener dans les environs, afin de visiter un peu cette nouvelle terre : la Nouvelle France ! Heureusement, il ne faisait pas trop noir, c’était la pleine lune, alors je me suis dit que je pouvais partir sans crainte, que je retrouverai le chemin sans difficulté. Hélas je me suis trop éloigné et je n’ai pas réussi à me décider sur quelle direction prendre ! Alors je me suis allongé, puis je me suis endormi. La lumière du soleil levant me réveilla. Voyant que j’avais passé la nuit sans obéir à mon capitaine, je m’attendais à un douloureux châtiment, quand, j’aperçus un étrange animal. Il me fixait de ses yeux marron, ses poils irisés de la même couleur que ses yeux. Je voulus donc faire part de ma découverte, je me présentai devant le capitaine Vauquelin. Etant donné que je n’avais pas reproduit l’animal en question j’en fis une description : cette boule de poils brune ressemblait énormément à une marmotte, avec une queue plate et gênante, et des grandes dents, bien longues, un peu comme celles de Pierre, un autre mousse. Sur ces mots, le capitaine n’approuva pas ma plaisanterie et m’envoya réparer la coque avec en prime trois semaines de corvées doubles. C’est à dire qu’à la place de dormir quelques heures je nettoierai le pont. Je partis donc m’atteler à ma tâche quand le capitaine me dit que mon animal qui ressemblait à Pierre était un castor.

Cette journée ne fut pas terrible, d’ailleurs c’était la première.
Mais elle reste tout de même gravée en ma mémoire, car c’était la première fois que je parlai ainsi au capitaine, de même que je désobéis à ma tâche, que je me moquai d’un de mes camarades et que je me sentis autant humilié.

Mais cela fera une bonne histoire à raconter quand mes enfants feront la même bêtise que moi.

Bon vent à tous !

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Ebène du Limoëlou
(texte d’atelier de Camille Caplain)

Après deux mois de traversée, j’aperçois enfin la terre, par une fente entre les planches du bateau. Il va falloir encore des heures avant d’y poser mon sabot, mais je vais attendre calmement, comme les autres chevaux.
Je m’appelle Ébène. Ébène du Limoëlou. Je suis noir, avec 2 balzanes haut chaussé aux postérieurs et une fine liste blanche herminée sur le chanfrein. Étant le cheval personnel de Jacques Cartier, je l’ai accompagné absolument partout, sauf en mer.
Cette fois-ci, pour son troisième voyage, il a décidé de m’emmener, ainsi que d’autres animaux. La plupart ont supporté la traversée, bien qu’elle fût plus longue que prévu.

J’entends enfin les mousses qui viennent nous chercher afin de débarquer. Je tapis le sol d’impatience ! Un des mousses m’enfila un licol, m’emmena à quai, et me lâcha dans une pâture improvisée. Je partis aussitôt au triple galop, les crins dans le vent, heureux de retrouver un sol meuble et fixe.
Quelques heures plus tard, Jacques vint me seller et brider, afin de rejoindre les Indiens sur le site de Stadaconé. Aussitôt arrivé, Jacques sauta de selle et alla retrouver les villageois. Embrassades et rires chaleureux étaient au rendez-vous.

Au bout d’un moment, quelques jeunes enfants me remarquèrent. Ils s’approchèrent doucement, mais je ne me laissai pas approcher par ces inconnus et reculai vivement, en claquant des dents. Un des jeunes prit peur et courut vers sa mère, et tous les regards se braquèrent sur moi. J’étais le seul cheval présent ici, mes amis étaient restés près du quai avec quelques marins. Les indiens étaient vraiment intrigués de voir un animal comme moi, je pensai qu’ils n’en avaient jamais vu. Jacques dit : « C’est un cheval, il y en a beaucoup chez nous. Mais celui-ci est particulièrement magnifique, c’est le mien. » Le truchement le traduisit aux Indiens. Ils furent encore plus étonnés de savoir que le cheval était un animal commun en Europe, et ils demandèrent à en voir d’autres. Les marins s’activèrent et allèrent chercher quelques-uns de mes amis.

Une fois arrivés, un Indien voulu examiner Pierre, mon ami gris, de plus près, mais celui-ci, particulièrement farouche, se cabra. L’homme, surpris, tomba en arrière, et Pierre reposa ses sabots à quelques centimètres de la tête du l’Indien, provoquant la stupeur des villageois.
Depuis cet évènement, nous eûmes le droit à des surnoms péjoratifs de la part des Indiens. Notre présence fut sujette à des tensions et les relations entre les villageois et les Européens se dégradèrent. Un beau jour, Jacques décida de notre départ, afin de s’installer ailleurs.

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A travers mes sabots...
(texte d’atelier d’Amélie Buquet)

Mon sabot effleurait l'entrée du navire. Nous étions à la cinquième heure de la journée, on apercevait les premiers rayons du soleil levant. Il faisait frais, la rosée nous piquait les naseaux. Deux chevaux, les plus beaux du pays, avaient été sélectionnés pour apporter cet animal si extraordinaire et si pratique pour la culture des terres. Cet animal si puissant et habile pouvait labourer plus facilement qu'un boeuf. Celui-ci pouvait aussi permettre d'explorer les terres inconnues de cette nouvelle conquête. Je me dirigeais vers un boxe, accompagnée de mon mari, un frison d'un noir intense. Nous étions magnifiquement bien choyés . Les jours passèrent, notre ration était bientôt plus remplie que celle des humains. On nous pansait, on nous sortait tous les jours pour nous dégourdir les jambes. La traversée dura trois mois car le bateau était chargé et le vent n'était pas avec nous. Il était midi dix, nous attendions notre ration cependant personne ne se manifestait, aucun matelot en vue. Tous s'affairaient autour des cordes d'amarrage. Une nouvelle terre était en vue, à un quart de lieue. A notre arrivée, des personnes à peau rouge nous caressaient, ils nous examinaient dans les moindres détails. Nous fûmes confiés à une famille huronne ; trois jeunes filles tressèrent nos crins, on nous décorèrent de fleurs. Ensuite, nous fûmes lâchés dans un grand pré, cependant moins vert qu'en Normandie. Quelques années passèrent, notre harem s'agrandit. De nouveaux étalons virent le jour et tentèrent de défier le magnifique frison. Tous les chevaux vivant en Nouvelle France sont nos descendants. Plusieurs races sont répertoriées et je suis fière d'être leur mère. Plusieurs de mes poulains excellent lors de courses indiennes, d'autres aident les fermiers ... Je ne regrette pas ce jour si spécial qui a fortement bouleversé ma vie, cette première fois est un réel souvenir gravé à jamais dans ma mémoire.

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La première fois
(texte d’atelier d’Isaline Sénécal)

J’arrivais en France pour la première fois. On me met souvent sur du pain ou une pâte nommée crêpe. Eh oui ! Vous m’avez reconnu je suis le sirop d’érable, je viens de la Nouvelle France. Quand je suis arrivé, on ne savait pas apprécier ma saveur. De plus, la manière dont on me récoltait répugnait les gens. On faisait une saignée dans un arbre pour en récolter la sève. En hiver, on faisait même des petits bonbons avec moi. On prenait et tassait de la neige, puis on me mettait dessus. Ensuite on roulait la neige avec une spatule pour en faire des sucres d’orge.
Après quelques années, je devins très apprécié et même adoré des Français. C’était la première fois que j’arrivais mais pas la dernière.

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L’intrus
(texte d’atelier d’Isaline Sénécal)

Je vivais sur la Dauphine, le bateau de Giovanni da Verrazano. J’étais dans la calle : là où se trouvaient les vivres. C’était sombre et humide et ça empestait le renfermé. Il y avait des poutres en bois un peu partout qui tombaient. Parfois, je montais sur le pont pendant la nuit. On pouvait entendre le bruit des vagues contre la coque. Souvent, on voyait des étoiles, qui brillaient dans le ciel noir de la nuit. La lune remplaçait le soleil et se reflétait dans la mer.
Un jour, il y eut une énorme tempête qui se déchaina contre nous. Les vagues claquaient sur la coque du bateau. Je partis dans la cave, pour me cacher, mais un matelot me vit. Il essaya de m’attraper mais n’y arriva pas et alla prévenir le capitaine Verrazano qu’il m’avait vu et ne savait pas si j’étais seule. Verrazano descendit pour voir. Il me vit mais ne m’attrapa pas, il resta bloqué, comme moi d’ailleurs. Nous nous regardions et il y eut un courant d’amitié, si on peut appeler ça comme ça, qui passa entre nous. Il me prit mais je savais qu’il ne voulait pas me faire de mal. Verrazano me mit sur son épaule et depuis ce jour je restai avec lui.
Oh ! Mais je ne me suis pas présentée. Je m’appelle Pegie, j’ai un an et je suis une petite souris blanche.

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Le colombier de Jehan Ango
(texte d’atelier de Jules Mudès)

Je suis l’âme d’un serviteur qui servait autrefois Jehan Ango dans son manoir. Jehan Ango a longtemps habité dans ce manoir et comme dans toutes les grandes résidences, une suite est réservée pour le roi. A l’époque où je vivais, le roi était François 1er. Tous mes amis serviteurs se réjouissaient de l’éventuelle venue du souverain. Mais aucun de nous ne savait à quoi il ressemblait. Alors à chaque fois qu’un homme bien habillé dînait au côté de Jehan Ango, tout le monde pensait que c’était le roi, mais notre maître avait remarqué cet enthousiasme soudain et nous disait que ce n’était qu’un simple duc d’une province lointaine.

Le temps passait et nous ne remarquions même plus les compagnons de Jehan Ango. Mais un jour un homme d’une taille impressionnante arriva avec une foule de serviteurs et de bagages. Nous avions tous entendu parler de la taille légendaire de François 1er mais nous pensions que ce n’était qu’une légende. Cependant notre maître nous dit de préparer l’appartement royal rapidement. Tout d’un coup, tout le monde s’agita. Des serviteurs de la suite royale allaient et venaient. Le roi visita le manoir et remarqua particulièrement le colombier non pas d’un point de vue esthétique mais d’un point de vue gastronomique. En effet, le plat préféré du roi était le pigeon rôti. Ce fut une hécatombe, un génocide parmi la population du colombier. Le roi décima presque la moitié des pigeons.

Après son séjour d’un mois au manoir, il repartit avec ses bagages. Ce fut un soulagement pour les serviteurs et surtout pour les pigeons. Désormais, nous savions ce qui se passait quand on croisait la route du roi.

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L'espion
(texte d’atelier d’Amélie Buquet)

Je vis depuis peu de temps dans un colombier situé à Varengeville, une ville perdue au fin fond de la France. On dit que mon habitat est le plus beau colombier du royaume. Il est construit de briques rouges, de silex et de grés. Le toit est fait de morceaux de bois. Le monument repose sur trois assises de grés, qui est un détail de l'architecture très caractéristique de mon époque. Le pigeonnier se trouve dans la résidence d'un grand armateur nommé Jehan Ango, décédé à ce jour. Chaque année, nous participons à un voyage organisé par les explorateurs. En 1617, nous embarquions de Dieppe dans un navire avec un homme appelé Louis Hébert. Il était accompagné de ses deux enfants Anne et Guillemette ainsi que de sa femme Marie. Nous avions trouvé une place sur la poupe. Durant 16 semaines nous restèrent sur le bateau sans jamais voir un bout de terre. Au bout de cent onze jours, je découvris un bout de terre nouvelle. Le lendemain, Louis et sa femme s'installèrent dans environ cinq arpents de terre situés au sommet d'une petite falaise. Louis Hébert sympathisa avec les indigènes et planta le premier pommier. Cet arbre était un bon endroit pour s'installer. Pour cultiver la terre, Louis se mit à la défricher et la semer. Pendant que Louis s'affairait à ses occupations, je m'en allais et venais pour trouver les matériaux nécessaires à la construction d’un nid. Quelques années passèrent, ma famille et moi menions une vie de débauche grassement entretenus par la famille Hébert. Nous admirions du haut de notre pommier les variations de paysage, les récoltes à différentes saisons... En 1621, j'assistai au premier mariage célébré au Canada et inscrit sur les registres paroissiaux. Je continuais à mrner une vie paisible lorsque le 25 janvier 1627, Louis fit une chute mortelle sur la glace. Le pommier ne fut pas entretenu, il attrapa une maladie. Contraint de quitter les lieux, je pris la première navette direction la France. J'arrivai en 1635 à Dieppe. Je nichais dans le clocher de l'église saint Jacques. Cependant, les bruits de la ville me dérangeaient. Ce fut l'incendie de 1694 qui me décida à partir. Je partis retrouver ma ville natale qu ipossède réellement le colombier le plus beau de France. Cela fait désormais 314 ans que je vis à Varengeville, je n'ai plus jamais déménagé. Même si mon pays est froid et très humide, les gens y sont très accueillants et chaleureux. Ma résidence a subi plusieurs transformations et a connu de nombreux propriétaires. Depuis peu, les gens savent apprécier son véritable charme. Du haut de mon pigeonnier, j'aime admirer les passants, les dessinateurs, les peintres, les historiens, les écrivains... admirant ma façade. Ils trouvent leur inspiration en ce lieu. Tout comme en ce moment, un groupe d'adolescents racontent la vie d'hommes ayant des liens entre Dieppe et l'Amérique. Je vois de la cheminée du manoir que quelques uns ont peu d'inspiration. J'aimerai tant les aider, leur raconter mon vécu. Cependant, je ne suis qu'un pigeon qui emportera ses souvenirs sans jamais pouvoir les faire partager à quiconque.

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MON PORTEUR
(texte d’atelier de Guillaume Thueux)


J’ai vécu au temps de Jehan Ango, il y a déjà plus de 4 siècles. J’ai suivi toutes ses aventures et mésaventures. Maintenant je vis dans le Manoir d’Ango sur une petite étagère et chaque jour je vois des visiteurs ou bien des groupes scolaires, comme à l’instant, visiter ce manoir.
Excusez-moi, j’ai oublié de me présenter. Je suis, enfin, j’étais le chapeau préféré de Jehan Ango. Il ne partait jamais sans moi ! J’ai donc toujours été là pendant ses batailles navales contre les Portugais et les Espagnols, sans parler de ses commerces maritimes. Mes années les plus dures ont été quand Jehan a été autorisé à armer ses propres navires pour la guerre contre les Anglais. Jehan Ango n’avait qu’en tête de tuer Charles Quint.
Durant ses batailles, j’ai connu les vents les plus glaciaux et les journées les plus longues. Après toutes ses batailles, François Ier fait de Jehan Ango le gouverneur de Dieppe, en outre il devint conseiller du roi pour les affaires maritimes, cette vie là me plaisait à merveille.
En 1252 Jehan Ango fait construire face au quai de Dieppe sa maison qu’il baptisera « la pensée » mais à croire qu’elle ne lui suffisait pas car en 1530 il achète la terre de Varengeville pour y faire construire un château par des architectes italiens.
En 1551, Ango meurt endetté et ruiné à Dieppe sous mes yeux. C’est après sa mort que je fus abandonné dans son manoir.

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Le Voyage
(texte de Léa Maret)

C’était au XVIIème siècle, lorsque je quittai Honfleur, en Normandie, pour rejoindre La Nouvelle France pour la première fois, avec mes enfants et mon mari Louis Hébert.

Le trajet me parut extrêmement long. Nous avions mis un mois à accoster. Lorsque nous fûmes arrivés, je découvris avec des yeux émerveillés les gens. Pour la première fois, je voyais des personnes habiter dans des huttes, parler d’autres langues, avoir des coutumes différentes des nôtres. Quand, nous sommes arrivés là-bas, il faisait très froid. Je me souviens qu’en sortant du bateau, la première chose que j’ai regardée c’était leurs habits : très différents des nôtres. Je voulus apprendre leur langue, alors je suis allé voir un traducteur pour qu’il me l’apprenne. Au début c’était difficile mais je me débrouillais bien. La première fois que je parlai à un indien, je fus contente. Je comprenais ce qu’il me disait. Maintenant, je pouvais parler avec beaucoup de monde et je n’avais plus besoin de faire des gestes pour qu’ils comprennent. Ils étaient tellement gentils avec nous. Quand ils nous expliquèrent leur histoire, je me sentis pour la première fois comme l’une des leurs ! Je leur appris le français, et ils adoraient la langue. Je dus retourner en France, cela me faisait de la peine de les laisser mais je leur ai promis de revenir vite, car mon mari Louis Hébert devait participer à une nouvelle expédition.

Deux ans plus tard, je retournai en Nouvelle France. Je retrouvai ma fille qui avait bien changé depuis. L’accueil que les Indiens m’avaient résrevé la première fois, n’était pas le même cette fois-ci. J’étais déçue car revenir ici, était comme si j’y habitais depuis très longtemps.

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Le souvenir
(texte de Léa Maret)

Je me présente : Louise, née en 1589, à Dieppe. Je suis l’amie d’enfance de Marie. Je vais vous raconter quelques moments de sa vie. Pour commencer, le jour le plus beau de sa vie a été quand elle s’est mariée avec Louis Hébert. Ils ont eu de magnifiques enfants. Anne qui est née en 1602, et est morte avec son mari peu de temps après leur mariage célébré en Nouvelle France en 1618. Marie fut effondrée. Je me souviens de leur autre fille Guillemette née en 1606, son mari, qu’elle épousa en 1621, s’appelait Guillaume Couillard. Leur mariage fut une très belle réussite. C’est eux qui assureront la descendance de la famille. Je me rappelle qu’ils avaient aussi un fils, Guillaume, né en 1604. J’ai encore un portrait de toute la famille et a chaque fois que je la regarde, ça me fait rappeler de très bons souvenirs.

En 1610, une nouvelle expédition est organisée par Jean de Poutrincourt. Marie, Mme de Poutrincourt et moi-même avions accompagné nos maris à Port-Royal. Ce fut triste de les laisser partir. Je me souviens qu’en 1613, ce fut la panique. Nous avons eu peur pour nos époux car le sous-gouverneur des colonies anglaises avait attaqué Port-Royal. Quand Marie m’a annoncé qu’elle vendait leur maison de la rue de la Petite-Seine à Saint Germain-des-Prés pour aller avec leurs enfants en Nouvelle France, le 11 avril 1617, car ils n’avaient plus d’argent, j’ai été bouleversée. Mais depuis, on s’envoie des lettres. Un jour, dans sa lettre, elle m’a dit qu’elle avait bien accosté le 15 juillet suivant, après une traversée difficile. J’ai été les voir quelques temps plus tard. En 1622, Louis Hébert était devenu procureur du roi, et laissa sa famille en Nouvelle France pour se rendre en France. Marie m’appela pour que je vienne chez elle. Son mari mourut en 1627 après une chute sur la glace. Marie était vraiment malheureuse. Le 16 mai 1629, Marie avait de nouveau le sourire aux lèvres car elle se remaria avec Guillaume Huboust, arrivé en 1627. Plus tard, Marie enseigna le catéchisme et le Français aux jeunes Amérindiennes. Avec sa fille, elle assura une formation de base aux petites Huronnes qui deviendront les premières élèves des Ursulines de Québec en 1639. Le jour le plus triste pour moi, c’est quand Marie mourut le 27 mars 1649. Voilà toute sa vie.

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Le fruit de la connaissance
(texte d’atelier de Clémence Levionnais)

Je suis arrivé dans ce nouveau territoire inconnu à mes yeux. J’entendais certaines personnes l’appeler la « Nouvelle-France ». Ridicule! comme si on pouvait reconstituer une France. Ah là là, enfin bref, j’arrivai au mois de septembre dans ce lieu magnifique plein de verdure et aux grands sapins élevés. Les animaux étaient en liberté. Mon « éleveur » comme on peut dire, était Louis Hébert. C’est lui qui allait me planter là. Je serai le 1er pommier à y être planté. Les peuples qui y vivaient ne me connaissaient pas, ni moi, ni les miens. Ils ne connaissaient pas le fruit que je produisais. Ces belles pommes aux peluches vertes et son jus si bien connu en France. Mais je peux dire que le jour où les peuples m’ont vu débarquer chez eux, ils ont eu l’air étonné et faisaient de drôles de grimaces. Quoi, je ne fais pas peur tout de même ? Enfin je suis sûr que le jour où ils goûteront mes pommes, ils en tomberont raide amoureux. Mais, il fallait d’abord que je les produise. En attendant, je faisais l’objet d’un spectacle où tout le monde me regardait. J’avais beau essayer de me cacher, rien à faire. J ‘étais attaché à la terre condamné à rester ici, jusqu’à la fin de ma vie. Alors là, pas question, malgré ma dépression, mes petites pommes commencèrent à voir le jour au mois d’Octobre, trois ans après mon arrivée. Quand ces peuples ont vu mes pommes, ils ont, on va dire halluciner. Ce sont eux qui ont goûté mes pommes. Je voyais leurs visages, plutôt contents de ce goût si juteux qui leur coulait du coin des lèvres. C’est depuis ce jour là que leur regard sur moi a complètement changé. Tu m’étonnes !!!

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DIAGNE Thiané
BREARD Hélène
3ème5

Etienne Brûlé

I. LES ORIGINES DE L’HOMME SURNOMME « TETE BRULEE »

II. EXPLORATEUR, INTERPRETE ET COUREUR DES BOIS

III. LES ITINERAIRES D’ETIENNE BRULE

IV. LA TRAHISON

V. LE MYSTERE DE SA MORT

VI. SA PLACE DANS L’HISTOIRE


L’existence de l’interprète explorateur Etienne Brûlé restera toujours mystérieuse, il aurait accompagné Samuel de Champlain à Québec en 1608. Son destin était tracé : il servira d’interprète (ou « truchement ») auprès des nations amérindiennes alliées des Français. Il sera surtout un éclaireur. Essentiel aux premières explorations documentées effectuées en Nouvelle-France, il avait précédé Samuel de Champlain, Gabriel Sagard, Jean Nicolet, Nicolas Perrot et leurs émules sur la route des Grands Lacs. Il aurait été le premier Européen à voir et à produire des descriptions orales de l’Outaouais, de la baie Géorgienne, de la Pennsylvanie et des quatre Grands Lacs.


I. Les origines de l’homme surnommé « Tête BRÛLÉE »

Etienne Brûlé, français d’origine, est né à Champigny-sur-Marne, un village près de Paris. Il serait né en 1591 ou 1592. Ses parents étaient d’humbles paysans.

A treize ou quatorze ans, il quitta sa famille pour tenter de monter à bord d’un bateau. Il avait entendu parler des contrées nouvelles et mystérieuses que décrivaient les récits de l’explorateur et colonisateur français Samuel de Champlain :

Il se serait embarqué, encore adolescent, pour la Nouvelle-France sur les navires de Samuel de Champlain, dès 1608, pour la fondation de Québec.

Bien des zones d’ombre recouvrirent la vie aventureuse d’Etienne Brûlé.

II. EXPLORATEUR, INTERPRETE ET COUREUR DES BOIS :


Etienne Brûlé prit le bateau pour les colonies d’Amérique à l’âge de seize ans où il débarqua très jeune à Québec avec Samuel de Champlain.

En effet, le roi de France exigeait de Champlain qu’il découvre de nouveaux territoires et fasse profiter la France des richesses naturelles de la Nouvelle-France.

Carte de la Nouvelle France 1612
Carte de la Nouvelle France 1632

Champlain se devait donc d’établir de bons liens avec les Amérindiens ainsi que d’identifier leurs ennemis.
Champlain ne connaissait pas la langue des Amérindiens. Il avait besoin d’un interprète et fera confiance à Etienne Brûlé pour jouer ce rôle.

Pour son troisième voyage en 1608, Champlain engagea Etienne Brûlé. Ils quittèrent Honfleur pour la Nouvelle-France afin de fonder le premier établissement à Québec.

Dès son arrivée, Etienne Brûlé aida Champlain à la construction de l’Abitation de Québec.

Ceux-ci firent de l’Abitation le premier poste de traite des fourrures. Montagnais et Algonquins viendront à chaque printemps échanger les peaux d’animaux contre différents objets. Les peaux seront envoyées en France par bateaux afin de servir à la confection de chapeaux et de manteaux à la mode.

Au cours de l’hiver 1608-1609, Etienne Brûlé séjourna chez les Montagnais et s’initia à leur langue. Jouant pour la première fois son rôle d’interprète, Etienne Brûlé informa Champlain que les Montagnais et les Algonquins avaient fait alliance avec les Hurons contre les Iroquois.

Les Français décidèrent donc de s’allier eux aussi aux Hurons afin de les encourager à poursuivre la traite des fourrures et protéger leur territoire.

Dès les premiers contacts entre les européens et les indiens, des volontaires partirent vivre avec les Amérindiens pour apprendre leur langue et leurs coutumes. Ils devinrent par la suite des interprètes, appelés truchements.
Leur rôle fut primordial lors de la naissance de la Nouvelle-France car ils fournissaient des renseignements sur le pays. Ils servirent d’intermédiaires entre les Amérindiens et les Français et favorisèrent la bonne entente entre les deux communautés.
Par contre au contact de cette vie libre et aventureuse, ils développèrent un goût marqué pour la liberté et ne supportèrent plus aucune des contraintes de la vie civilisée.

Ils devinrent très vite les bêtes noires des Récollets, puis des Jésuites, car ils montraient le mauvais exemple aux Amérindiens, allant même jusqu’à gêner les conversions religieuses.

Etienne Brûlé fut l’un des premiers interprètes venus de France au XVIIème siècle. Parti pour la Nouvelle-France, sans doute vers 1608, il fut le premier truchement (interprète) de Samuel de Champlain en langue huronne.

En outre, il opérait seul, sans l’aide de personne, sans ambitionner la gloire, comme un humble coureur des bois qu’il était. Son goût pour la vie sauvage lui servait d’inspiration, il en tirait ses moyens d’existence ; son tempérament, son origine européenne le disposaient à élargir d’année en année le cercle de ses courses. La vocation qui était en lui se manifesta dès qu’il aperçut les forêts du Nouveau-Monde.

A chaque printemps, le coureur des bois revenait à l’Abitation pour échanger ses fourrures au poste de traite.
Travaillant pour le compte de compagnies de traite des fourrures qui le rémunéraient pour persuader les tribus d’amener leurs peaux à la traite, il n’en demeura pas moins très indépendant, et sa vie resta entourée de mystères.

Au sujet du commerce des fourrures : il est important de préciser qu’entre la fin du XVème siècle et le début du XVIIème siècle, la majorité des explorateurs qui venaient en Amérique étaient à la recherche d’une route maritime vers l’Orient. A l’exception de ceux qui s’intéressaient à la baleine et à la morue du golfe Saint-Laurent, la traite des fourrures avec les autochtones ne fera vraiment son apparition qu’au début des années 1600 dans la vallée du Saint-Laurent.


En 1600, Pierre Chauvin construisit à Tadoussac une habitation qui deviendra le premier poste de traite officiel de la vallée du Saint-Laurent.

Après Tadoussac, Champlain, nommé gouverneur de la Nouvelle-France, fonda un deuxième poste de traite à Québec.

Suite à la fondation de Québec, Champlain engagea quatre adolescents français. Ils devinrent cartographes, explorateurs et truchements (c’est-à-dire traducteurs des langues autochtones) pour ses futurs voyages.
Brûlé fut l’un de ces quatre jeunes voyageurs courageux.
C’était un adolescent qui allait explorer au-devant de son patron, Samuel de Champlain, Etienne Brûlé parcourut le pays en éclaireur.


Véritable personnage de roman d’aventure, il partagea la vie des Hurons, s’habillant comme eux, prenant femmes indiennes, ayant totalement adopté leurs mœurs, leur morale et leur mode de vie.
Il avait appris à survivre dans ces contrées sauvages grâce aux Indiens.

Tour à tour explorateur, éclaireur, interprète et représentant de Samuel Champlain, il eut une vie tumultueuse.

Excellent interprète, il était capable de converser aussi aisément avec des Montagnais, des Algonquins, des Hurons que des Andastes.
Brûlé était un excellent scout et un très bon pisteur.

Il fit maintes expéditions en territoire indien pour le compte de Samuel de Champlain.

III. LES ITINERAIRES D’ETIENNE BRULE :

Nous allons examiner les voyages d’un homme peu connu dans l’histoire, mais célèbre en son temps parmi les Français du Canada, puisqu’il dépassait en connaissances géographiques tous les explorateurs du Haut Canada et pays circonvoisins.

 

En 1610, Champlain, Etienne Brûlé et d’autres Français se joignirent à leurs alliés pour affronter leurs ennemis, les Iroquois.


Ils surprirent les Iroquois avec leurs fusils et gagnèrent cet affrontement.

Le fondateur de la Nouvelle-France, Champlain, avait déjà exploré

la rivière Richelieu

jusqu’au lac Champlain :


Il s’intéressait au pays intérieur dont la découverte dut s’amorcer à l’ouest du Sault Saint-Louis (rapides de Lachine). A la fin du mois de juin, le fondateur de la colonie en confia le repérage à Etienne Brûlé.

Ce dernier proposa à Champlain d’aller vivre parmi une tribu Algonquienne pour apprendre leur langue. Champlain, à la recherche de truchements, accepta et lui demanda d’observer le pays, ses rivières, de voir s’il y avait des minéraux et d’autres ressources. Il confia alors le jeune garçon au chef Iroquet en l’échangeant contre un jeune indien nommé Savignon désireux de connaître la France.
Etienne Brûlé passa l’hiver 1610-1611 avec les Algonquiens et apprit très bien leur langue.

Après deux hivers passés à l’Abitation de Champlain sur le site de ce qui allait devenir la ville de Québec, Brûlé partit avec un groupe d’Algonquins vers l’Outaouais et la Baie Géorgienne.


Baie Géorgienne

Puis, Samuel de Champlain qui l’employait, l’envoya parmi les Indiens hurons afin qu’il apprenne les coutumes et le langage des Indiens, ainsi que la géographie de ce territoire. Brûlé vécut donc avec les tribus indiennes ; dont les Indiens hurons, et voyagea beaucoup.

Il fut certainement le premier Blanc à explorer ces territoires encore inconnus.
Le 13 juin 1611, Etienne Brûlé fut de retour à Québec en compagnie d’un groupe de Hurons. Vêtu à l’indienne et déjà fort à l’aise dans la langue, il retrouva Champlain pour repartir de nouveau vers la Huronnie et les Grands Lacs.


Les grands lacs vus de l’espace

Etienne Brûlé passa les quatre années suivantes avec les Hurons. Champlain voulait qu’il se rende à l’Ouest vers le Grand Lac (Lac Huron) .


Lac Huron

Il devint donc le premier Européen à se rendre plus loin que les rapides de Lachine.

Il découvrit le lac Huron avant d’atteindre la baie de Chesapeake :

Samuel de Champlain franchit les rapides de Lachine. Il précisa qu’avant lui aucun autre chrétien hormis Etienne Brûlé n’avait tenté l’expérience. 200 Hurons et Algonquins arrivèrent à Sault Saint-Louis avec Brûlé en provenance des pays d’en Haut. Avec eux, Champlain franchit les rapides en canot.

Etienne Brûlé repartit vers le pays des Hurons. Pour atteindre ce territoire, situé dans la péninsule formée par les lacs Ontario et Huron, il aurait voyagé le long de l’Outaouais et de la Mattawa, traversé le lac Nipissing et suivi la rivière des français jusqu’à la baie Georgienne.
Il serait le premier européen a avoir remonté l’Outaouais.


Lorsque Etienne Brûlé accompagna les Indiens hurons en expédition jusqu’à Georgian Bay, sur le lac Huron, la même année il y emmena Samuel Champlain, au retour ils découvrirent le lac Ontario.

En 1615, Etienne Brûlé rencontra Champlain à Ville-Marie afin de lui demander de participer à un troisième affrontement contre les Iroquois. Bien malgré lui, Champlain accepta car il souhaitait protéger son alliance avec les Hurons. Ils convinrent de se retrouver le dix octobre, la veille de la bataille. Ils ratèrent leur rendez-vous. Les Français accompagnés par des Algonquins et des Montagnais affrontèrent les Iroquois sans l’aide d’Etienne Brûlé et des Hurons. Ils perdirent la bataille. Arrivant trop tard après la défaite de Champlain, Etienne Brûlé reprit sans attendre une vie de coureur des bois.

Le premier août 1615, Champlain « découvrit » le lac Huron où il rencontra le truchement Etienne Brûlé qu’il autorisa à se rendre chez les Andastes, au sud de l’Iroquoisie.

Le 8 septembre 1615, Brûlé partit du lac Simcoe en compagnie de guides hurons. Il chemina jusqu’au site de l’actuelle ville de Buffalo, à la jonction des lacs Erié et Ontario. Il continua ensuite jusqu’à la rivière Susquehanna.


Rivière Susquehanna

Après 1615 il aurait alors séjourné chez les Andastes, serait descendu vers le sud actuel du territoire de Pennsylvanie, avant d’être retenu prisonnier par les Iroquois. Selon son récit, il aurait été torturé et menacé de mort. Il sauva sa peau en bluffant, gagna l’estime de ses geôliers et se présenta comme négociateur influent. Il vécut à nouveau avec les Hurons.

Au mois de juillet 1618, après trente quatre mois d’absence, Etienne Brûlé revint dans la colonie. Selon ses propres dires, il aurait été le premier Européen à explorer l’actuel Etat de Pennsylvanie.

Tenant une promesse faite à Champlain, Brûlé alla donc explorer entre 1621 et 1623 les territoires jusqu’au lac Supérieur. Il essaiera de découvrir le fameux passage de l’Ouest vers la mer de Chine. Il devint le premier Européen à atteindre ce lac.

Brûlé poursuivit, jusqu’en 1621, des pérégrinations qui le conduisirent au Sault Sainte-Marie qui reliait les lacs Supérieur et Huron. Le récollet Gabriel Sagard témoigna de cet exploit par écrit.

Il fut sans doute le premier européen à voir les Grands Lacs, partant en expédition avec ses amis hurons.
Il vécut près de vingt ans avec les Indiens (une vie semble-t-il assez dissolue).
Ce fut une grosse déception pour Champlain quand son meilleur ami scout le quitta pour s’installer avec les Indiens.

Vers 1621, à la demande de Champlain, il repartait pour une nouvelle mission au long cours en pays huron. Y rencontrant différentes tribus, il devait, dans ce périple, rejoindre le lac Supérieur et vraisemblablement le Lac Erié.


Lac Supérieur

Etienne Brûlé atteignit l’endroit nommé aujourd’hui Sault Sainte Marie, en 1621.

En 1623, Brûlé amena le missionnaire Gabriel Sagard vivre un hiver chez les Hurons. Celui-ci profita de cette occasion pour tenter de convertir les Hurons à la foi catholique. Ce projet n’enthousiasmait pas beaucoup Etienne Brûlé car il avait adopté plusieurs rituels des Amérindiens et avait laissé de côté sa religion.
L’amitié entre Champlain et Brûlé s’effrita lorsque le missionnaire Sagard décrivit les comportements peu catholiques d’Etienne depuis qu’il vivait avec les Hurons.
Par contre, Louis Hébert le premier agriculteur de la Nouvelle-France, sera toujours un bon ami de Brûlé. Ils s’étaient connus lors des séjours annuels du coureur des bois à Québec.

Au printemps 1624, Brûlé partit avec les Hurons pour se rendre à Québec. Le frère Sagard, qui descendait avec un autre groupe, arriva en même temps que lui au lac Saint-Pierre :

En 1624, Gabriel Sagard discrédita Etienne Brûlé auprès de Champlain. Le Récollet dénonça les mœurs libres du nomade et il révéla que Brûlé avait désormais deux maîtres puisqu’il travaillait pour la Nouvelle-France et pour les commerçants de fourrures, ennemis de Champlain.

Au cours de l’hiver 1625-1626, Etienne Brûlé partit explorer les rives du lac Erié.


Lac Erié

Brûlé y découvrait une abondance de gibiers, des rivières remplies de poissons et une terre qui produisait des légumes en grande quantité.

IV. LA TRAHISON :


En 1628, le capitaine anglais Kirke demanda à Champlain de lui céder la Nouvelle-France. Il le menaçait de bloquer à Tadoussac le passage des bateaux français contenant des vivres. Champlain refusa.

Pendant l’hiver 1628-1629, l’Abitation survit péniblement au manque de nourriture. Il semblait que Champlain avait envoyé Brûlé à Tadoussac afin de vérifier si les bateaux français étaient bel et bien bloqués par les anglais. Etienne Brûlé constata que Kirke et ses hommes contrôlaient le passage des bateaux.

Cet étrange personnage de roman d’aventures, sujet de tant de controverses, garda la confiance de Champlain jusqu’en 1629, année de la prise de Québec par les anglais.
Le 19 juillet 1629, trois navires anglais jetèrent l’ancre devant Québec. Comme l’Abitation comptait peu de colons et de soldats pour se battre, Champlain n’eut pas le choix, il donna Québec aux Anglais.
Une désagréable surprise l’attendait : à bord d’un navire, il aperçut Etienne Brûlé !

La mémoire d’Etienne Brûlé fut irrémédiablement ternie en 1629. Champlain avait capitulé devant les frères Kirke et la plupart des Français rentraient dans la mère patrie.

A Tadoussac, Brûlé et son confrère Nicolas Marsolet reconnurent leur intention de rester en Nouvelle-France.

Etienne Brûlé était un proche ami de Nicolas Marsolet qui vivait un peu le même genre de vie. Nicolas Marsolet, originaire de Rouen, était truchement des Montagnais. Champlain se plaignait de Brûlé et Marsolet, les trouvant irresponsables de s’ajuster si bien à la vie et aux coutumes indiennes.

En 1629, après la reddition de Québec aux anglais, Etienne Brûlé se mit au service des frères Kirke. Champlain, l’accusant de trahison, ne lui pardonnera pas ce geste. Il fut dit que Brûlé avait fourni des informations aux Anglais. Il était alors considéré comme un traître.

Lorsque les anglais prirent la Nouvelle-France, Nicolas Marsolet savait que Henriette de France, la sœur de Louis XIV, était promise au Roi d’Angleterre et qu’il était fort peu probable que la France et l’Angleterre fussent en guerre l’un contre l’autre à ce moment-là.
De ce fait Nicolas Marsolet et Etienne Brûlé ne croyaient vraiment pas qu’il y aurait soupçon de trahison contrairement à ce que Champlain pensait.
Aux yeux de Champlain, Etienne Brûlé devint un traître parce qu’il servait de guide aux Anglais en les conduisant de Tadoussac à Québec. Après la prise de Québec, en 1629, Brûlé devenait inutile pour les Anglais. Il retourna alors chez ses amis autochtones en Huronnie.


V. LE MYSTERE DE SA MORT :


Il eut une courte vie d’environ 42 ans.
Il séjourna chez les Amérindiens de 1611 jusqu’à sa fin tragique dont il est impossible de préciser la date, postérieure à 1630 selon toute vraisemblance.

Accusé de trahison par Champlain, il repartit alors pour le pays des Hurons. La résidence habituelle de Brûlé chez les Hurons paraissait avoir été le village de Toanche, dans la baie de Matchedash, chef lieu de la tribu de l’Ours.
Aucun Européen ne devait le revoir vivant. C’est là qu’il périt, vers 1632, assommé d’abord puis mangé selon les rites sauvages. Il fut probable que l’affaire eut lieu à la suite d’une querelle.

Il mourut assassiné et mangé par ceux-là même dont il avait partagé la vie pendant plus de vingt ans, ses frères Hurons de la tribu de l’Ours, dans des circonstances que nous ignorerons à tout jamais.

En 1633, les Anglais restituèrent la ville de Québec à la France. On raconta que pendant cette même année, Brûlé se fit tuer par des autochtones. Plusieurs hypothèses circulaient à ce sujet.
La nouvelle de l’assassinat de Brûlé, tué par les Hurons alors que la colonie était anglaise, avait été communiquée à Champlain à son retour à Québec en 1633.

VI. SA PLACE DANS L’HISTOIRE :


Durant toutes ces années, il visita de nombreuses contrées, allant vers les Grands Lacs canadiens (lac Supérieur, lac Erié, …), se rendant plus au sud vers l’actuel Etat de Pennsylvanie, poussant également vers le Nord du pays Huron, Etienne Brûlé fut le premier Européen à s’aventurer dans ces contrées : un périple cependant difficile à définir, car il ne nous a personnellement laissé aucune trace écrite, aucune carte de ses pérégrinations.

Mais il est indiscutable qu’il voyagea dans des lieux dont la paternité de la découverte fut plus tard attribuée à d’autres.

Les historiens croient également qu’il était le premier Européen à visiter l’état du Michigan (en 1622).

Etienne Brûlé est souvent considéré comme le premier Européen ontarien et un parc de Toronto porte son nom.


Parc Etienne Brûlé de Toronto

GLOSSAIRE

Amérindiens : ou indiens d’Amérique désignent les premiers occupants du continent américain et leurs descendants (Algonquins, Montagnais, Andastes, Hurons, Iroquois, etc…). Autochtones des Premières Nations.

Autochtone : originaire du pays qu’il habite.

Coureur des bois : aussi appelé voyageur des pays d’en Haut. Comme le voyageur, il était directement impliqué dans la traire des fourrures avec les Amérindiens et opérait durant le XVIIème siècle en Amérique du Nord coloniale.

Emule : personne qui cherche à en égaler, à en surpasser une autre.

Fameux passage vers la mer de Chine : À cette époque, en Europe, il est difficile de conserver la viande. Le réfrigérateur n’a pas été inventé ! Les épices pouvaient jouer un rôle dans la conservation de la viande et surtout pouvaient camoufler l’odeur de la viande avariée. Comme plusieurs épices n’étaient pas disponibles en Europe, il fallait aller les chercher en Asie. Les Turcs, les marchands italiens et les Arabes contrôlaient les routes vers l’Asie. Les Européens, qui avaient compris que la Terre était ronde, cherchaient un nouveau passage vers l’Ouest pour se rendre en Chine. En Nouvelle-France, Brûlé, comme plusieurs autres, ont tenté de le découvrir en ignorant la grande distance qui les séparait de la Chine.

Jésuites : membres de la Compagnie de Jésus qui est une congrégation catholique.

Lac Erié : Le Lac Erié fait partie des Grands Lacs. Il est situé en Ontario.

Lac Huron : Le Lac Huron fait partie des Grands Lacs. Il est situé en Ontario.

Lac Supérieur : Le Lac Supérieur fait partie des Grands Lacs. Il est situé en Ontario.

Le premier établissement : La première construction pour loger les premiers Européens en Nouvelle-France.

L’Abitation : Nom du premier établissement à Québec.

La Nouvelle-France : nom des colonies françaises de l’Amérique du Nord (Canada).

Outaouais : région administrative du Québec, sur la rive nord de la rivière des Outaouais, partageant une frontière avec l’Ontario.

Pérégrinations : série d’allers et venues incessantes, de déplacements en de nombreux endroits.

Récollets : franciscains. Religieux de la branche de l’ordre des frères mineurs de Saint François d’Assise.

Richesses naturelles : Les richesses naturelles de la Nouvelle-France sont le bois, les fourrures, les poissons, …

Rapides de Lachine : il y a des rapides quand un cours d’eau coule à une grande vitesse. Les rapides de Lachine sont situés près de la ville de Montréal.

Tadoussac : Tadoussac est une ville située dans la province de Québec sur la rive
nord du Saint-Laurent à l’embouchure du Saguenay.

Traite des fourrures : principale activité économique du XVIIème siècle au XIXème siècle, entre les colons européens d’Amérique du Nord et les autochtones des Premières Nations.

Truchement : interprète, traducteur ou personne qui sert d’intermédiaire.

BIBLIOGRAPHIE

Adresses Internet :

- www.geocities.com/daniellla.geo/frbrule.html
- www.tu-dresden.de/sulcifra/quebec/geschqu/chronol.htm
- www.fortcoulonge.qc.ca/dossiers/dossier_suite-14_11_1601-1700.html
- www.ropfo.ca/champlain/voyage/ami.php
- www.artisanatindien.com/brule.html
- www.civilization.ca/vmnf/explor/brule_f2.html
- www.civilization.ca/vmnf/explor/brule_fm.html
- http://www.mrnussbaum.com/history/champlain.gif
- http://membres.lycos.fr/pierredugua/
- http://www.ouellette001.com/Quebec_en_photos/16_Monteregie/La_Vallee_du_Richelieu/Riviere_Richelieu.htm
- http://www.dinosoria.com/champlain.htm
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Great_Lakes_from_space.jpg
- http://www.fotosearch.fr/UNT280/u28763493/
- http://usinfo.state.gov/journals/itgic/0404/ijgf/gj07.htm
- http://www.visoterra.com/photos-voyage/bord-de-lac.html
- http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/d/da/P6190202.JPG
- http://www.biospherelac-st-pierre.qc.ca/content/index.html
- fr.wikipedia.org/wiki/Traite_des_fourrures
- fr.wikipedia.org/wiki/Am%C3%A9rindiens_au_Canada
- fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Br%C3%BB1%C3%A9
- monsite.wanadoo.fr/champlain-and-co/page8.html
- pagesperso-orange.fr/alainperron/EtienneBrule.htm
- pagesperso-orange.fr/aetius/amerika/Brule0.htm
- pagesperso-orange.fr/aetius/amerika/Brule1.htm
- pagesperso-orange.fr/aetius/amerika/Brule2.htm

Ouvrages :

- Beaudet, Jean-François (1993), Etienne Brûlé, Montréal : Lidec inc. Collection : Célébrités canadiennes, 61p.
- Dictionnaire : Le Petit Larousse Illustré – Larousse 2007.

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La trahison d’Etienne Brûlé
(texte d’atelier de Thiané Diagne)

Je me souviens très bien de cette année-là, en 1628. Le capitaine anglais Kirke demanda à mon ami Champlain de lui céder la Nouvelle France. Et si celui-ci refusait, il bloquerait les bateaux français chargés de vivres à Tadoussac.

Nous vécûmes j’hiver 1629-1629 péniblement à cause du manque de nourriture, mais Champlain m’envoyait souvent voir si les bateaux étaient bloqués.

Cependant, un matin, alors que j’allais voir si les bateaux étaient toujours bloqués, une voix avec un accent anglais me dit d’une façon amicale :
- As-tu faim ? Veux-tu manger ? J’ai de la nourriture !

Je me retournai et je vis Kirke ! Je lui répondis d’une voix tout aussi amicale :
- Bien sûr que oui ! En avez-vous pour toute une tribu ?
- Non, mais pour une personne. Tu es bien Etienne Brûlé, celui qui vit parmi les Hurons ?
- Oui, pourquoi ?
- J’ai un marché à te proposer. Si tu m’aides à prendre l’habitation de Champlain, je vous laisserai en paix toi et tes amis Hurons, mais il faut aussi que tu deviennes mon guide. Alors, tu en penses quoi ?

A ce moment-là, je pensais à Champlain, puis à mes amis, les Hurons, qui seraient traités comme des animaux si je ne disais pas oui, de plus il nous laisserait en paix. Après quelques minutes de réflexion, je répondis :
- D’accord ! Quand est-ce qu’on fera le débarquement ?
- Rejoins-nous le 3 juillet au matin.
Et il disparut dans le lever du soleil en laissant derrière lui de quoi nous nourrir.

Comme prévu, je le rejoignis le 3 juillet. Comme l’habitation comptait peu de colons et de soldats, il fut facile à Kirke de la prendre. A mon arrivée, Champlain me transperça du regard. Et d’ailleurs il ne me pardonna jamais mon geste de trahison.

En 1629, après la reddition de Québec, je me mis comme prévu au service des frères Kirke, en leur servant de guide. Par la suite, je devins inutile aux Anglais, alors je décidai de rentrer chez mes amis les autochtones, en Huronie.

Cet épisode me restera toujours en mémoire car si je ne m’étais pas mis au service des Anglais, je ne serais sûrement pas sur le chemin du retour pour revoir mes amis les Hurons, mais je serais sans doute prisonnier des Anglais pour leur servir de guide et de truchement. Puis ils m’auraient sûrement tué quand ils en auraient eu fini avec mon aide.

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Les amazones du grand Dieu
(texte d’atelier de Noémie Luciani)


Nous sommes le 4 mai, dans le port de Dieppe, sur la Manche. Dieppe est l’un des points de départ pour le Nouveau Monde avec Saint-Malo, La Rochelle, Saint-Nazaire et Honfleur.

Parmi les passagers du Saint-Joseph, moi, un galet de la plage de Dieppe, ramassé par une femme un peu trop superstitieuse à mon goût, trois Ursulines dirigées par Sœur Marie de l’Incarnation et trois Hospitalières. Elles sont les premières religieuses à partir en mission à l’étranger. Mme de la Peltrie, la bienfaitrice des Ursulines, a préparé le navire : les vivres, l’eau, etc. Elle accompagne ses protégées que le jésuite Lejeune appelle « les amazones du grand Dieu ».

Si elles l’avaient su, elles ne seraient pas venues, et moi non plus. Ce sera l’une des plus longues et des plus périlleuses traversées de l’Atlantique de l’histoire du Nouveau Monde. Elle durera plus de trois mois. Rien que ça !

Le Saint-Joseph est retenu au port quinze jours par le mauvais temps. Une seule parmi les nombreuses tempêtes essuyées durant le voyage fait rage durant douze jours sans répit. Le bateau évite à la dernière seconde un iceberg monstrueux surgi du brouillard et il faisait au moins plus de trois mille fois ma taille ! Sacré morceau !

Marie de l’Incarnation et Marie Guenet de Saint Ignace, l’une des Hospitalières venues fonder l’Hôtel-Dieu de Québec, ont toutes deux raconté avoir vécu l’enfer. Mais je peux vous assurer que c’était même pire que ça, parole de galet !

Ces femmes ont vraiment pris des risques insensés et moi aussi par la même occasion. Elles étaient folles. Folles de Dieu !

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Mémoire de femmes
(texte d'atelier de Marine Charles)


Je suis Marie-Madeleine Lalonde, je vis avec ma famille en Nouvelle-France.
Je connais bien l’histoire de mon père, Jean Lalonde, il me raconte toujours ses aventures : je pourrais réciter avec précision ses différents combats contre les Iroquois, ces terrifiants indiens, et ses voyages avec sa troupe de soldats près des Grands Lacs du sud…
Mais ma mère, elle, reste silencieuse. Je ne sais pas d’où elle vient, je ne connais même pas ses parents. J’ai décidé d’en savoir plus :
« Mère, pourquoi n’as-tu pas de parents ? Lui demandai-je.
- J’ai des parents Marie-Madeleine, comme tout le monde !
- Alors, pourquoi je ne les connais pas ?
- Parce qu’ils habitent très loin, de l’autre côté de l’océan, dans mon pays d’origine, la France, dit-elle avec une voix grave.
- Tu étais française ! Oh raconte-moi ton histoire !
- Non, me répondit-elle fermement, c’est bien trop long, et puis je n’ai pas envie ! »
Je suis partie, la tête baissée, mais je n’allais pas m’avouer vaincue pour autant ! Le lendemain, je revenais à la charge :
« Mère, pourquoi ne me raconte-tu pas ton histoire ?
- C’est loin pour moi, j’étais jeune et je n’ai pas choisi.
- Explique-moi ! Dis-je.
- Ce que tu peux être agaçante ! Je te raconte, mais après tu me laisses tranquille. »
Je me suis installée devant elle, en place pour écouter l’histoire du début à la fin, je ne perdrai aucun mot de ce récit tant attendu !
« Je suis née en Normandie, commença-t-elle, dans une ville qui se nomme Dieppe. J’avais des parents, comme je te l’ai dit, une famille. J’avais 27 ans quand on m’a choisie. Un homme est venu pour dire que toutes les jeunes filles célibataires devaient quitter leur famille, et quitter leur pays. On nous a expliqué que l’on allait partir en Nouvelle-France pour épouser un célibataire de là-bas. On nous a donné une dot, la mienne était de 200 livres. C’était le Roi lui-même qui nous dotait, c’est ainsi que l’on nous a appelées les Filles du Roi. Du jour au lendemain, je me suis retrouvée dans un bateau, le Saint-Jean-Baptiste, en compagnie de 24 autres jeunes filles de la région que je ne connaissais absolument pas.
La traversée fut éprouvante : 1 mois de voyage, de la nourriture prévue pour seulement trois semaines, un avenir inconnu dans un pays que nous n’avions jamais vu,
A l’arrivée, nous étions épuisées, les traits tirés. Lorsque nous sommes descendues, on nous a dit de saluer les hommes qui étaient présents. Ils nous regardaient avec des yeux critiques, comme si nous étions des bêtes mises en vente dans une foire. Ce fut une période terrible. J’avais quitté mes parents, j’étais condamnée à vivre sur cette terre inconnue. On nous conduisit dans un monastère, où nous allions vivre jusqu’à notre mariage. On nous a examinées, on nous a posées des questions,… J’avais la désagréable impression d’être sélectionnée selon mes apparences et mes capacités.,
J’ai attendu trois ans avant de rencontrer ton Père. J’ai signé un engagement, et on nous a mariés. La cérémonie a était la plus simple possible. Ensuite, je me suis installée chez lui, et j’ai eu des enfants. Voilà toute l’histoire. »
Je restais silencieuse, j’étais étonnée… Ma mère avait vécu tant de choses, je la trouvais très courageuse.
« Comment est-ce, la Normandie ? Questionnai-je.
- C’est beaucoup plus vallonné qu’ici, et c’est très vert. Les territoires sont plus étroits, et puis il y a des villes, des grands ports, des bâtiments anciens… »
J’étais loin d’imaginer que ma mère avait vécu tout cela. Moi qui ai toujours vécu ici, en Nouvelle-France, j’ai du mal à imaginer l’Europe. Et, malgré les combats de mon père contre les Indiens, je trouve l’histoire de ma mère plus étonnante, mais elle me donne l’impression que les femmes ne représentent pas autant que les hommes.
Marine Charles
Le Vendredi 2 Mai, au Manoir d’Ango

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Une étrange créature

« Monsieur de Champlain ! Monsieur de Champlain !
- Mais qu’y a-t-il enfin ?! »
Ah la la, on n’en fera jamais rien de ce garçon, je lui ai demandé de jeter un coup d’œil derrière cette forêt, et voilà qu’il revient en hurlant mon nom, tout essoufflé à force d’avoir couru dans tous les sens !
« Alors, que t’arrive t’il, tu es blanc comme un linge !
- Là, Monsieur de Champlain, derrière, il y a une énorme bête, un monstre ! dit-il en reprenant son souffle.
- Un monstre ? »
Pauvre garçon, voilà qu’il devient fou !
« Oui, Monsieur, un monstre ! Au moins deux fois ma taille, avec des cornes et des énormes pattes ! Et puis, il a une grosse bosse sur le dos !
- Eh bien, allons voir à quoi ressemble ce « monstre ».
- Non Monsieur ! N’y allez pas ! Il est énorme je vous dis !
- Cela suffit, si tu te mets dans cet état à chaque fois que nous faisons une découverte, tu n’es pas au bout de tes peines, je te le dis !»
Sur ce, je me suis élancé en direction de la forêt, et le groupe m’a suivi. Après quelques minutes de marche au milieu des paysages de Nouvelle-France, nous arrivons sur une immense plaine qui s’étend à perte de vue. Je scrute l’horizon, et j’aperçois le fameux « monstre », qui broute paisiblement. L’animal est effectivement très grand, avec des cornes et des énormes pattes. Sa queue fouette l’air, il souffle par ses naseaux avec puissance. Il ressemble à un bœuf, mais une masse de fourrure brune recouvre l’avant de son corps et le dessus de sa tête, le reste est couvert de poils ras. Malgré son étrange apparence qui surprend tout le groupe, il ne semble pas bien féroce. Je me méfie tout de même de ses cornes, et puis cet animal doit peser lourd.
Je me suis approché, et les muscles saillants de l’animal se sont contractés.
Je n’ai fait qu’un geste rapide, et l’animal a pris la fuite. Je remarque alors qu’il n’est pas seul, son groupe se tient un peu en retrait, et fuit en même temps que lui.
Je dessinerai cet animal et le montrerai au Roi. J’aimerai en capturer un et le ramener en France, mais vu sa taille, je doute que ce soit possible. Il faudra inventer de plus grands bateaux
.
Marine Charles
Le Vendredi 9 Mai 2008 au monastère de Thibermont

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Sommaire

Introduction
1- La découverte et la conquête du Canada
2- Le Rôle de Dieppe
· Dieppe au Nouveau Brunswick, Canada
· Dieppe en Seine-Maritime, France
Les Filles du Roi
1- Dotée par le Roi
2- L’histoire de Marie Barbant, fille du Roi
Sources



Introduction


1- La découverte et la conquête du Canada
Le Canada est peuplé de tribus amérindiennes jusqu’à ce qu’il soit « découvert » par Thomas Aubert en 1508, des pêcheurs venaient déjà en Amérique du nord pour la pêche de la morue, mais la conquête de ce territoire commence réellement au XVIe siècle.


Jacques Cartier prend possession d’une partie du Canada en 1534 au nom du roi de France, François Ier. Le territoire français au Canada porte désormais le nom de Nouvelle-France.
La colonisation du territoire commence : Les villes de Port-Royal et Québec sont fondées par Samuel de Champlain, des français commencent à émigrer vers le Canada dès 1620. Mais la population reste faible et n’est composée que d’hommes, puisque la colonie sert essentiellement pour le commerce de la fourrure.
C’est pourquoi de 1663 à 1673, Louis XIV fera venir des jeunes filles en Nouvelle-France. En 1672, les Français sont près de 7000 au Canada, on commence à explorer l’intérieur du pays, jusqu’au Mississippi.

2- Le rôle de Dieppe
Notre ville de Dieppe participa activement à la fondation du Canada.
Thomas Aubert, Jehan Ango, Jean Vauquelin,… sont des Dieppois qui ont participé à la fondation de la Nouvelle-France.
La ville de Dieppe (Nouveau Brunswick, Canada ), constituée de plusieurs villages, fut fondée en 1952 à la mémoire des canadiens tués durant le débarquement sur les plages de Dieppe, en France, mais aussi parce que la ville française a beaucoup participée à la fondation du Canada.
Aujourd’hui, beaucoup de Canadiens sont des descendants de normands, et plus particulièrement de la région de Dieppe et de Rouen.
Depuis, les deux villes sont unies et font régulièrement des échanges.


Dieppe au Nouveau Brunswick, Canada :


Dieppe en Seine Maritime, France :




Les filles du Roy

1- La dot du Roi
La population de la Nouvelle-France manque cruellement de femmes, s’il n’y a pas d’enfants, la Nouvelle-France risque de disparaître au profit de la Nouvelle-Angleterre. L’intendant Jean Talon persuade le Roi Louis XIV d’envoyer des jeunes filles pour repeupler la Colonie. Pour en persuader le plus grand nombre, le roi décide de leur payer le voyage, et de leur offrir une dot allant de 50 à 500 livres par demoiselle, afin qu’elles épousent un célibataire canadien. C’est pourquoi on les appelle les filles du Roi ( ou Roy ), c’est le Roi qui leur a donné une dot comme le ferait un père.
Pour elles, c’est souvent l’occasion de posséder un beau territoire : en effet, les terres sont beaucoup plus vastes au Canada qu’en France.
Ainsi, de 1663 à 1673, environ 800 jeunes filles à marier sont parties de France pour fonder une famille en Nouvelle-France, dont 280 de Dieppe.
Des religieuses se chargeaient de sélectionner les demoiselles en fonction de leur santé, la plupart des hommes cultivant la terre, il leur fallait des femmes robustes et en bonne santé, de plus, il fallait qu’elles puissent porter leurs enfants ( et surtout en avoir plusieurs! ). Elles venaient de différentes classes de la société : certaines sont illettrées et filles de paysan, d’autres sont cultivées et descendantes de bourgeois.


La moitié de ces filles à marier venaient de la Salpêtrière, une dépendance de l’hôpital de Paris. Les pensionnaires de cet établissement était des filles de nobles pauvres ou des filles sans naissance, sans dot, et donc sans avenir. On leur apprenait à coudre, à lire, à faire la dentelle,… On les a ensuite envoyées à bord des bateaux partant pour la Nouvelle-France, avec ou sans leur accord.
La moyenne d’âge de ces filles du Roi était de 24 ans, mais l’âge légal de mariage étant de 12 ans, il pouvait y avoir des jeunes filles de cet âge. Quelques veuves font également parties du voyage. Elles étaient accueillies en Nouvelle-France par Marguerite Bourgeoys, qui se chargeaient de les placer dans des « écoles » qu’elle avait achetées, ou encore dans des familles d’accueil ou des couvents, jusqu’à leur mariage avec un canadien.
Ces filles du Roi ont permis d’accroître la population du Canada : Vingt ans plus tard, la population de Nouvelle-France avait triplée !
Aujourd’hui, la grande majorité des canadiens descend de ces filles du Roy.
Par exemple, Catherine de Baillon, fille du roi en 1669, est l’ancêtre du 1er ministre du Canada, Jean Chrétien et de la Chanteuse Céline Dion

2- L’histoire de Marie barbant, fille du roi
Marie Barbant est la fille d’Alexandre et Marie Lenoble, elle a été choisie pour être une fille du Roi. Elle est originaire de Dieppe.
Nous sommes le 11 Août 1666, le « Saint Jean-Baptiste » s’apprête à partir du port de Dieppe en direction du Canada. Marie Barbant a 27 ans. Elles sont 25 filles du roi à bord du Saint Jean-Baptiste. Ce navire a déjà traversé plusieurs fois l’Atlantique pour emmener en Nouvelle-France des jeunes filles, des soldats, des ouvriers ou encore des marchandises pour faire du commerce avec la Colonie : il amène des moutons, des ânes, des draperies au Canada et rentre en France avec des fourrures de castor, d’orignal, du bois, et des pierres. La traversée dure plusieurs jours.
Chaque demoiselle a reçu une dot du Roi, celle de Marie Barbant est de 200 livres, elles ont toutes « l’obligation » de trouver un mari en Nouvelle-France.
Quand ces 25 jeunes filles arrivent dans un port canadien, des hommes célibataires sont déjà là pour « sélectionner » leur future femme.
Elles sont accueillies en Nouvelle-France, puis se marient. Les jeunes filles cherchent un homme qui a des terres, les hommes quant à eux cherchent plutôt des femmes solides pour les travaux de ferme. La plupart des jeunes filles trouvent un mari en moins de 6 mois, mais d’autres, comme Marie Barbant, peuvent attendre plusieurs années : Marie Barbant épouse Jean De Lalonde, surnommé « l’Espérance », dit laboureur et marguiller ( Membre du conseil de la fabrique d’une paroisse ) le 14 Novembre 1669. Celui-ci a déjà épousé 3 filles du Roi. Il est né au Havre vers 1640, et est venu en Nouvelle-France pour être soldat dans le régiment de Carignan-Salières.
Mais Jean De Lalonde meurt au cours d’une escarmouche contre les Iroquois*, sur les bords du Lac St Louis, le 29 Septembre 1687. Marie Barbant a eu 3 enfants avec Jean De Lalonde : Marie-Madeleine, Jean-Baptiste et Jean Lalonde.
Elle se remarie le 26 Janvier 1688 avec Pierre Thabault. Elle décède en 1702, à l’âge de 63 ans.


Au Canada, beaucoup de monuments, de plaques commémoratives témoignent que les filles du Roi sont les mères de presque tous les canadiens d’aujourd’hui.

*Les Iroquois : ensemble de tribus Amérindiennes occupant les rives des lacs Erié, Huron, Ontario et du fleuve Saint-Laurent. Ils sont les alliés des Anglais contre les Français.

Sources :
· www.migrations.fr
· www.mairie-dieppe.fr
· www.dieppe.ca
· www.histoire-généalogie.com
· www.civilization.ca
· Dictionnaire « Le petit Larousse illustré » 2003

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Eric Thierry
a le plaisir de vous annoncer la sortie,
au Québec (et bientôt en France)
aux Editions du Septentrion,
de son nouvel ouvrage:  
Samuel de Champlain
Les fondations de l'Acadie et de Québec 1604-1611
 
Il s'agit d'une nouvelle édition en français moderne des Voyages de 1613 de Samuel de Champlain. Elle est annotée et contient toute l'iconographie de l'édition originale. Elle est également dotée d'une ample introduction, d'une chronologie, d'une bibliographie et d'un index.  
http://www.septentrion.qc.ca/catalogue/livre.asp?id=2961  

Présentation de l'éditeur:

Cette nouvelle édition des Voyages de 1613 de Champlain rend enfin accessible un texte fondateur de l’Amérique française. Parce qu’elle est en français moderne et qu’elle contient l’iconographie de l’édition originale, elle permet de découvrir, et de savourer, les plus fameux récits des fondations de l’Acadie et de Québec. Par le texte et l’image, Champlain raconte les installations des Français sur l’île Sainte-Croix, à Port-Royal et sur la « pointe » de Québec. Il décrit les premiers hivers marqués par les ravages du scorbut. Il relate les explorations des provinces maritimes, de la Nouvelle-Angleterre et de la vallée du Saint-Laurent. Il rapporte les alliances avec les Mi’Kmaqs, les Etchemins, les Montagnais, les Algonquins et les Hurons. Il retrace les attaques des Almouchiquois et les combats contre les Iroquois. Il rappelle tout ce qu’il a vécu aux côtés des autres fondateurs, en particulier Pierre Dugua de Mons et François Pont-Gravé. Ses récits sont un témoignage capital sur les débuts de la présence française en Amérique du Nord. Ils sont aussi l’œuvre essentielle d’un des auteurs les plus prestigieux de la littérature des voyages.

Eric Thierry a établi, annoté et présenté ce texte. Né en 1964, il enseigne l’histoire et la géographie dans un lycée de Picardie. Docteur de l’Université de Paris-Sorbonne, il est l’auteur de Marc Lescarbot (vers 1570-1641). Un homme de plume au service de la Nouvelle-France (Paris, Honoré Champion, 2001) et de La France de Henri IV en Amérique du Nord. De la création de l’Acadie à la fondation de Québec (Paris, Honoré Champion, 2008). Il a été lauréat de l’Académie française en 2002. En 2009 et 2010, il publiera, dans la collection V, des éditions en français moderne de deux autres ouvrages de Champlain, ses Voyages de 1619 et ceux de 1632.

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